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Maïs La chrysomèle de retour en Alsace et en Allemagne

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En 2006, la chrysomèle n’avait pas montré le bout de ses ailes. Elle revient en 2006 en Alsace, là où elle avait été détectée en 2003. Les agriculteurs devraient obtenir des aménagements concernant les mesures de lutte en vigueur depuis 2002.

La chrysomèle des racines du maïs (Diabrotica virgifera virgifera) semblait avoir déserté l’Alsace depuis 2003. Mais elle vient de faire un come back remarqué, précisément dans la zone où les experts l’avaient découverte voici quatre ans, à proximité de l’aéroport de Bâle-Mulhouse. Le 19 juillet, le laboratoire d’entomologie de Montpellier a confirmé la présence de deux adultes, « capturés dans les pièges situés dans le Sud du Haut-Rhin, l’un sur la commune de Blotzheim et l’autre sur la commune de Saint-Louis la Chaussée », a précisé la préfecture du Haut-Rhin dans son communiqué diffusé le 20 juillet. La découverte a immédiatement déclenché un branle-bas de combat au niveau régional. Objectif : stopper au plus vite l’extension du ravageur, dont les dégâts sont redoutables et contre lequel les méthodes de lutte sont rares.

Des doutes chez les agriculteurs sur l’efficacité des mesures de luttes

« Mais les exploitants étaient très remontés en début de semaine, car c’est le deuxième épisode de chrysomèle qu’ils subissent, et ils ont beaucoup de doutes sur un système d’éradication qui permet au ravageur de revenir au même endroit à 10 mètres près quatre ans après », explique-t-on à la FDSEA du Haut-Rhin. L’agacement était d’autant plus vif que les exploitants ont gardé un mauvais souvenir des mesures mises en place à l’époque, coûteuses selon eux. L’arrêté de 2002 qui faisait et fait toujours foi en matière de lutte contre la chrysomèle au niveau national impose trois grandes mesures : pas de récolte avant le 1 eroctobre, un traitement aérien obligatoire et une rotation des cultures. Dans la zone focus, 5 km autour du point de capture, le maïs ne doit pas revenir sur une parcelle avant trois ans, et dans la zone de sécurité, 10 km autour du point de capture, la limite est de deux ans.

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L’arrêté de 2002 modifié

Pour calmer les esprits, la préfecture a choisi la concertation. Plusieurs réunions ont eu lieu pour permettre à tous de s’exprimer, tant les agriculteurs que les maires ou les pouvoirs publics. Le 26 juillet, la préfecture préparait un arrêté sur proposition du service régional de la protection des végétaux, afin de modifier l’arrêté de 2002. Le traitement ne se ferait plus par voie aérienne. Alertés des difficultés que cette méthode avait généré en 2003 entre le monde agricole et les citoyens, les pouvoirs publics ont opté pour un traitement appliqué à l’aide d’enjambeurs de grande taille. Plus lent et plus complexe à mettre en œuvre, ce procédé risque d’abîmer en partie les plantes, mais il devrait également poser moins de problèmes de voisinage. Les agriculteurs devraient par ailleurs obtenir un dédommagement pour la rupture de la monoculture de maïs irrigué avec un blé, moins rentable. Au 26 juillet, le montant de cette indemnisation restait à définir. Le nouvel arrêté devrait également autoriser les récoltes à partir du 15 septembre, afin de faciliter l’ensilage de maïs. En 2003, les éleveurs avaient dû s’approvisionner loin de chez eux, faute de marchandises disponibles dans leur zone.

La chrysomèle est pour le moment dans sa phase de vol. D’autres contaminations ne sont pas impossibles dans les jours à venir.