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UE/PAC 2013 La CIAA peaufine une position coordonnée de l’industrie pour l’après 2013

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Les instruments de la PAC doivent avoir pour objectifs principaux de prévenir la volatilité extrême des prix, garantir la disponibilité de matières premières pour l’industrie alimentaire, d’assurer des conditions équitables de concurrence et de répondre aux demandes des consommateurs. Telles sont les priorités que l’industrie agroalimentaire européenne compte mettre en avant dans sa contribution aux réflexions en cours sur la PAC de l’après 2013. Un projet de position sur le sujet, préparé par la CIAA (Confédération des industries agroalimentaires de l’UE) est soumis actuellement à l’ensemble des industries membres pour le commenter et le compléter avec leurs propres observations et propositions.

Ces dernières années, les relations entre les secteurs de la production, de la transformation et de la distribution des denrées alimentaires se sont trouvées de plus en plus sous pression suite notamment à la volatilité des prix agricoles. La crise laitière en est l’illustration la plus pénible. Depuis quelques semaines, la CIAA multiplie les réunions et les contacts pour aboutir à une position européenne coordonnée de l’industrie qui reprendrait les propositions de la base qui auraient les meilleures chances de contribuer à une stabilisation des prix agricoles. Elle a fait circuler parmi ses membres un projet de position de l’industrie pour la Pac de l’après 2013 et attend un feed-back pour pouvoir mettre en forme une position officielle de l’industrie qu’elle présentera par la suite aux autorités européennes. Dans son projet de position sur la Pac de l’après 2013 (dont Agra alimentation a pu prendre connaissance), la CIAA note que le secteur agricole européen fait face actuellement à des changements dont certains pourraient s’intensifier dans les prochaines décennies (demande mondiale croissante, possibilité d’une plus grande instabilité des prix, conséquences des changements climatiques, accroissement de l’ouverture des marchés mondiaux, impact direct de différentes politiques (économie d’énergie, protection de l’environnement, nécessité de répondre aux nouvelles exigences des consommateurs). Toutes ces tendances vont, selon le lobby industriel, créer à la fois de nouveaux débouchés et de nouveaux défis dans les décennies à venir pour le secteur agricole et l’industrie alimentaire. La politique agricole européenne, souligne la CIAA, « doit répondre à ces défis et contribuer à préserver et à renforcer la compétitivité des industries agroalimentaires ».

Pour un meilleur équilibre de la chaîne alimentaire
La Pac doit également répondre à la nécessité d’assurer « un approvisionnement local et européen en matières premières et doit contribuer à la sécurité de l’approvisionnement mondial ». Elle doit s’appliquer à mettre en place des instruments politiques « qui empêchent la désorganisation du marché et les conséquences de la volatilité accrue des prix ». Ces instruments doivent être « adaptés à la spécificité de chacun des marchés agricoles et être compatibles avec les règles de l’OMC ». Selon le projet de la CIAA, la nouvelle Pac devrait comprendre des outils qui puissent aider à limiter l’ampleur de la volatilité des prix. Les instruments de gestion du marché tels que le stockage (privé ou public) en cas de surproduction ou la suspension des droits de douane en cas de sous-production pourraient ainsi agir comme des filets de sécurité. D’autres outils, tels que des contrats à terme, permettraient aux opérateurs de réduire considérablement les risques en matière de prix, ce qui serait bien utile dans un secteur comme celui du lait. La future politique de l’UE devrait par ailleurs viser à établir à une relation « équilibrée et constructive » au sein de la chaîne alimentaire. Les déséquilibres de pouvoir et les pratiques commerciales déloyales le long de la chaîne d’approvisionnement alimentaire ont des effets néfastes sur l’industrie alimentaire et celle des boissons, souligne le projet de la CIAA.

Rôle primordial de la PAC: nourrir les hommes et les animaux
La CIAA considère que la Pac doit s’assurer que le rôle principal de l’agriculture est, et reste toujours, « la production de matières premières agricoles pour l’alimentation humaine et animale ». Le développement de l’industrie des biocarburants, en utilisant les mêmes matières premières que l’industrie alimentaire, « constitue un défi pour la chaîne alimentaire humaine et animale », affirme-t-elle. La Pac doit s’assurer que « la production de matières premières agricoles pour l’alimentation humaine et animale reste le premier débouché pour l’activité agricole européenne ». La cohérence des politiques dans des domaines tels que l’environnement, l’énergie et la recherche doivent contribuer à cet objectif.
Le projet de la CIAA note également « qu’une politique commune forte pour l’agriculture » est essentielle pour garantir des conditions de concurrence uniformes et équitables dans l’UE. Le maintien « d’un marché unique des produits agricoles » doit rester le principe directeur de la politique commune de l’UE à venir. Dans la conception et la mise en œuvre des mesures arrêtées pour la Pac, il sera impératif de veiller à ce que les flexibilités nationales et les exemptions accordées ne conduisent pas à des distorsions de concurrence qui seraient dommageables pour le marché unique et l’approvisionnement de l’industrie alimentaire. Cette politique commune devrait par ailleurs « assurer une plus grande cohérence et veiller à ne pas se concentrer uniquement sur l’agriculture ». Elle doit tenir compte de l’approvisionnement alimentaire tout au long de la chaîne et être développée en liaison avec les autres domaines concernés (commerce, développement, environnement, consommateurs et politiques sociales).

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