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Bœuf aux hormones La Ciaa salue prudemment le compromis Europe/Etats-Unis

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La Confédération des industries agro-alimentaires de l’UE (Ciaa) se dit « soulagée » après l’accord bilatéral entre l’UE et les États-Unis sur le différend sur le dossier dit du « bœuf aux hormones ». Désireuse de voir le conflit réglé définitivement, elle reste néanmoins préoccupée par le fait que la question de la poursuite de l’interdiction des viandes aux hormones américaines n’ait pas encore trouvé de solution.

Commentant le compromis euro-américain, le président de la Ciaa, Jean Martin, a indiqué que la Ciaa se félicite que la menace de sanctions américaines supplémentaires « ne s’est pas concrétisée » et que l’accès normal au marché américain pour les produits européens « est désormais en vue ». Il a rappelé que l’industrie européenne attendait depuis longtemps un tel accord et qu’elle lance « un appel urgent aux deux parties pour résoudre le problème définitivement ». Il considère que « dix ans de représailles ont eu de graves conséquences pour de nombreux producteurs de denrées alimentaires en Europe ». Le leader de la Ciaa reste conscient que la liste des représailles américaines ne va pas disparaître du jour au lendemain. D’autant plus que la valeur des mesures de rétorsion appliquées ne diminuera que progressivement et que certains produits européens « continueront d’être otages pendant encore trois ans ». Il reconnaît que cela est assez difficile à avaler pour les producteurs directement concernés par les sanctions américaines. Plus inquiétant à ses yeux: l’accord provisoire UE/USA laisse en suspens la question de la légitimité de l’interdiction de l’UE des viandes aux hormones. Ce qui, selon la Ciaa, « signifie que de nouvelles revendications des États-Unis ne peuvent pas être exclues à l’avenir ». Toujours est-il que la Ciaa dit assumer le soutien qu’elle a accordé à la Commission européenne dans ses efforts pour négocier les compensations avec les États-Unis et estime que, aujourd’hui, le résultat global des négociations peut-être qualifié « d’acceptable ». Elle se dit même « reconnaissante à la Commission européenne et aux décideurs » dans leurs efforts pour trouver une solution pour l’industrie agroalimentaire.

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Satisfaction des transformateurs de viande

Le soutien de l’industrie européenne de la transformation des viandes est encore plus explicite : « Nous sommes satisfaits de cet accord qui constitue un bon signal pour l’avenir des relations entre l’Union et les Etats-Unis », a déclaré à Agra alimentation, Enrico Frabetti, secrétaire général-adjoint de Clitravi, le lobby de cette branche de l’industrie. « Nous saluons cette façon amicale des Etats-Unis » de vouloir mettre fin à cette dispute et « sommes heureux qu’elle n’ait pas dégénéré en affrontement », a-t-il précisé. Il explique que ce sont surtout les Néerlandais qui sont les plus satisfaits de cet accord dans la mesure où ils sont les plus gros exportateurs de viandes de porc en Europe et donc les plus concernés par le commerce UE/Etats-Unis. L’industrie de la transformation des viandes se dit également encouragée par le fait que la quasi-totalité des Etats membres de l’UE a salué le compromis euro-américain. Seules la France et l’Irlande auraient des positions réservées sur ce compromis. En France en effet, si l’industrie de la charcuterie exprime sa satisfaction, certains producteurs de viande bovine font la moue dans la mesure où les compensations accordées par l’UE aux professionnels américains concernent tout particulièrement leur secteur même si les volumes en cause restent quelque peu modestes.