Au vu des données scientifiques disponibles aujourd’hui, la coexistence entre maïs conventionnel et maïs génétiquement modifié est possible tout en respectant le seuil de 0,9 % à partir duquel les OGM doivent être étiquetés dans l’UE. La poursuite des recherches et des essais en plein champ est en revanche nécessaire avant de pouvoir tirer les mêmes conclusions pour le colza. Tel est le principal message ressorti des débats des experts réunis pour un séminaire du Copa-Cogeca sur la coexistence et les cas concrets du maïs et du colza, le 30 novembre à Bruxelles. Le président du groupe semences du Copa-Cogeca, Thor Gunnar Kofoed, a appelé à cette occasion la Commission européenne à présenter d’urgence sa proposition sur les seuils de présence fortuite d’OGM dans les semences reportée à plusieurs reprises Voir N°2972 du 13/09/04. Il a expliqué que les agriculteurs avaient intérêt à être soumis à une réglementation communautaire harmonisée sur la coexistence plutôt qu’à des règles différentes d’un pays à l’autre (pour éviter les problèmes de concurrence) et à disposer de seuils pour les semences « économiquement viables » et « établis sur des bases scientifiques » (soit 0,3 % pour les variétés allogames comme le colza, 0,5 % pour les plantes autogames comme le maïs et 0,7 % pour le soja, comme l’a suggéré le Comité scientifique des plantes de l’UE, alors que la dernière version du projet de Bruxelles ne faisait plus état que d’un seuil unique de 0,3 % pour le colza et le maïs). Plusieurs experts ont souligné dans leurs présentations les limites de la pureté variétale. Dans le cas du maïs, en France, par exemple, le taux d’impuretés dans les semences est en moyenne de 0, 4 %, a indiqué Xavier Foueillassar de l’Institut du végétal Arvalis. S’exprimant sur le cas particulier du colza, le consultant Jeremy Sweet a souligné quant à lui que le seuil d’étiquetage de 0,9 % ne pourrait être respecté avec un taux de présence fortuite supérieur à 0,3 % d’OGM dans les semences.
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Réunissant près de 140 experts et parties intéressées, le séminaire du Copa-Cogeca a été l’occasion de faire le point sur les avis scientifiques, les techniques de détection basées sur les protéines et l’ADN, la législation européenne et les lois nationales sur la coexistence en cours d’adoption dans les États membres. Pour plus d’informations : http://www.copa.be/fr/seminar6.asp