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Prévisions La collecte laitière devrait repartir à la hausse en 2013

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Après une collecte mondiale en baisse, la dynamique laitière devrait repartir dès le milieu de l’année 2013, estimaient les économistes de l’Institut de l’élevage lors d’une conférence sur les marchés mondiaux, le 15 mai 2013 à Paris. Le prix du lait européen devrait rapidement augmenter, sous l’effet des cours mondiaux.

À cause des conditions climatiques, de la flambée du prix des aliments et de la baisse du prix du lait, « la collecte recule dans les grands pays exportateurs pour début 2013 », constate Gérard You, économiste à l’Institut de l’élevage, lors d’une conférence sur les marchés mondiaux organisée le 15 mai 2013 à Paris. Mais, selon lui, « la reprise de la collecte laitière est attendue pour le second semestre 2013 en Nouvelle-Zélande, en Europe et aux États-Unis ». S’il explique que « le prix du lait redevient stimulant pour les éleveurs et les cours des grains vont se tasser », l’ampleur de cette reprise « va dépendre du rapport entre le prix du lait et le prix des aliments concentrés ».

Le prix du lait en hausse

Sur le prix du lait, les indicateurs montrent qu’il devrait augmenter, dans le sillage des cours des produits laitiers. S’il y a eu un « tassement début mai » aux enchères de Fonterra (la principale coopérative néozélandaise), a constaté Gérard You, « on peut penser qu’il ne va pas y avoir de rechute dans l’immédiat. Il va manquer des volumes d’ici l’été et la demande est toujours forte en Asie. Les prix peuvent continuer à augmenter, ça dépend de la stratégie des acteurs ». Pour la France, cette hausse des cours éventuelle interviendra après qu’elle soit arrivée en Allemagne, pour des raisons historiques. « Mais, pour les producteurs laitiers, on s’attend à une embellie pour le second semestre », ajoute l’économiste. L’Institut de l’élevage espère des prix équivalents à ceux de 2011.

Vers un rebond en Europe

En Europe, la collecte laitière pour 2012-2013 est en baisse de 0,6%, et la France a produit 5,5% de lait de moins que son quota de production. Entre janvier et juillet 2012, le prix du tourteau de soja a été multiplié par deux, et les prix du blé comme du maïs ont augmenté de 30%, note Baptiste Lelyon, économiste à l’Institut de l’élevage. « Les éleveurs ont limité les apports en concentré, ce qui a eu pour conséquence une diminution du rendement », explique t-il. D’autant qu’ils n’étaient pas incités à produire par des prix en recul de 4% en France et de 8% en Allemagne. De plus, le printemps froid et tardif de 2012 a provoqué un retard de mise à l’herbe.
« Mais on est dans un contexte favorable », ajoute Baptiste Lelyon : « Le prix du lait redevient stimulant, celui des aliments est en légère baisse, avec une perspective de bonne récolte, et le cheptel est stable ». Selon lui, « un rebond de 2% de la production laitière européenne est possible pour la campagne 2013/2014. Si les prix se maintiennent élevés, on pourrait voir des dépassements très importants des références nationales ».
Pour la Nouvelle-Zélande, touchée par une sécheresse, les économistes s’attendent à un rebond de la production à partir de l’automne, si le potentiel du cheptel a été épargné et que les éleveurs n’ont pas décapitalisé.

Des perspectives pour le modèle français

Dans ce contexte, Jean-Luc Reuillon, expert à l’Institut de l’élevage estime que « si le prix des matières premières continue d’augmenter, la France est bien placée pour rester compétitive, avec un effondrement possible des grandes fermes capitalistiques hors sol », qui sont obligées d’acheter tout l’aliment du bétail sur le marché. « La France affiche de gros rendements laitiers avec peu de concentrés, beaucoup de surface par vache, donc plus d’herbe et moins d’aliments achetés », expose-t-il. Interrogé sur le projet de « ferme des 1000 vaches » envisagé dans la Somme, il estime que « le modèle des grandes fermes n’a pas beaucoup d’espace en France. Au Danemark, ils ont fait le choix des grands élevages mais sont en train d’en revenir. La rémunération par le volume peut être dangereuse ». Martial Marguet, président de l’Institut de l’élevage, va dans son sens : « En Allemagne, les grandes structures se maintiennent à peine face aux grandes cultures. Ils vont avoir besoin d’investissement, de modernisation et de renouvellement des générations. On est à un tournant ».

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