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La Comagri souhaite améliorer la position des producteurs

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La commission de l’agriculture du Parlement européen invite la Commission européenne à faire en sorte que les objectifs de la Pac priment sur ceux de la politique de concurrence.

Dans un avis, la commission de l’agriculture du Parlement européen (Comagri) a invité la commission des affaires économiques et monétaires, compétente au fond sur la politique de concurrence de l’UE (rapport annuel 2019) à incorporer une série de recommandations dans la résolution qu’elle adoptera dans les prochaines semaines. La Comagri encourage en particulier la mise en place d’un plus grand nombre d’organisations de producteurs (OP) afin de permettre aux agriculteurs de renforcer leur position et de négocier plus efficacement les prix, ainsi que la lutte contre les déséquilibres au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Elle demande aussi le renforcement du rôle des organisations interprofessionnelles pour promouvoir des relations plus équilibrées dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire et soutient l’extension de la clause de répartition de la valeur à tous les opérateurs et non seulement au premier acheteur. Les membres de la Comagri se félicitent de l’adoption, le 17 avril 2019, de la directive sur les pratiques commerciales déloyales dans les relations interentreprises au sein de la chaîne d’approvisionnement agricole et alimentaire, qui, à leurs yeux, « constitue une première étape importante pour garantir l’équité entre les opérateurs et pour réduire les déséquilibres de pouvoir de négociation au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire ».

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Ils exhortent les États membres à transposer sans délai cette directive et invitent la Commission européenne à suivre attentivement son avancement. Ils se disent par ailleurs préoccupés « par la pression intenable à la baisse qui pèse sur les prix agricoles en raison du pouvoir excessif des transformateurs ou des acheteurs en aval des chaînes d’approvisionnement agricole ». Ils encouragent donc la Commission européenne à réviser sa méthode d’évaluation des abus de position dominante sur le marché afin d’y inclure les circonstances qui font peser cette pression à la baisse sur les prix agricoles, qu’elles se traduisent ou non par une hausse des prix à la consommation. Même préoccupation en ce qui concerne « l’écart grandissant entre le niveau de prix à la production et le niveau des prix de vente dans le secteur alimentaire ». Là aussi, ils demandent à la Commission européenne de définir et d’instaurer des mesures de marché efficaces qui comblent l’écart entre ces niveaux de prix et établissent entre eux une corrélation équilibrée et durable. Les membres de la Comagri estiment enfin que les coûts de production doivent être intégralement pris en compte au moment de fixer les tarifs dans les contrats entre producteurs et distributeurs/transformateurs et que les prix doivent aussi permettre une rémunération équitable des agriculteurs.