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Tour de vignoble La commercialisation des vins d'Alsace soutenue en 2013 par l'export

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La commercialisation des vins d'Alsace a connu une légère érosion en 2013, évaluée à 0,3%, mais freinée par le dynamisme de l'exportation, surtout vers les pays de l'UE, indique le Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace (Civa). Le bassin viticole alsacien espère maintenant améliorer ses scores à l'export vers les pays tiers.

POUR les vins d'Alsace, l'érosion des volumes écoulés sur les 11 premiers mois de 2013, évaluée à 0,3% par rapport à la même période de l'année précédente, a été freinée par une croissance de l'export, selon le Civa, en train de finaliser son bilan de l'année 2013. Les expéditions hors des frontières de l'Hexagone ont en effet augmenté de 2,7% sur cette période.

L'exportation portée par la demande européenne

Cette dynamique a été entretenue par les expéditions vers l'UE, avec une progression sur les marchés les plus importants (Belgique, Allemagne) et une croissance à deux chiffres sur la Grande-Bretagne et la Finlande. Le créneau porteur est celui des crémants, notamment vers l'Allemagne. Si les exportations vers l'UE ont augmenté de 3,5%, les exportations vers les pays tiers n'ont cru que de 0,3% sur cette période. La progression des exportations vers les pays tiers a été ralentie par des effondrements sur certaines destinations : -21% vers la Chine, - 31% vers la Russie, - 40% vers l'Australie. La chute des exportations vers la Chine est à mettre au compte du contentieux sino-européen, marqué par une procédure chinoise anti-dumping contre les vins européens. L'effondrement des exportations vers l'Australie est à relativiser car les montants en jeu sont inférieurs à 2 000 hectolitres, surtout quand on les compare avec les 58 000 hectolitres vendus sur les 11 premiers mois de l'année à la Belgique.

Un projet de nouveau fonds communautaire de R&D sur l'œnologie

Une des stratégies du bassin viticole alsacien est l'utilisation de moyens efficaces pour relancer l'exportation vers les pays tiers, selon Jean-Louis Vézien, directeur du Civa. En intégrant le fait qu'un tiers de son budget de communication est fléché vers ces destinations qui représentent 7% du débouché, qu'un autre est dédié à l'export vers l'UE (18% du débouché) et un autre tiers destiné à la prospection sur le marché intérieur français, qui représente 75% du débouché. Le marché intérieur français a connu une érosion des volumes commercialisés de 1,3%. Pour affûter ses opérations de promotion à l'export vers les pays tiers, le Civa réfléchit à l'utilisation d'un nouveau fonds de soutien que l'UE pourrait ouvrir : il s'agit du poste « innovation ». Jusque là, Bruxelles soutenait, avec l'enveloppe destinée à la filière vitivinicole française, les actions d'investissement dans le vignoble et les caves, les actions de restructuration des cépages et la promotion vers les pays tiers, pour un total de 280 millions d'euros. Bruxelles ouvrirait un quatrième fonds, sans pour autant augmenter le montant de l'enveloppe nationale. Les actions d'innovation seraient centrées sur l'œnologie, autrement dit le travail des arômes à partir de la chimie du vin et la technicité des procédés. Un volet très technique, certes, mais dont l'incidence est décisive à l'exportation, les goûts des consommateurs étant fortement typés selon leurs cultures d'origine.

Une récolte 2013 inférieure de 11% à la moyenne quinquennale

La production de vin d'Alsace du cru 2013, toutes AOC confondues, est en recul de 13%, soit une vendange inférieure de 11% à la moyenne quinquennale, selon le Civa. Elle est estimée à 976 000 hectolitres. « Rarement un millésime aura autant été soumis aux aléas climatiques », commente l'organisme interprofessionnel.

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Les conditions de récolte ont été particulièrement difficiles pour les riesling et les gewurztraminer.

Ceux-ci ont été récoltés plus tard et ont pâti d'une météo pluvieuse.

En revanche, « les crémants font partie des grandes réussites de ce millésime ».