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Sécurité alimentaire La Commission européenne continue d’examiner additifs et colorants

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La Commission européenne vient d’achever un rapport sur le travail de réévaluation des additifs et des colorants alimentaires entrepris récemment par le Comité scientifique de l’alimentation humaine (CSAH) et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) .

Ce rapport, exigé par le Parlement européen, décrit l’évaluation de sécurité applicable aux additifs alimentaires préalablement à leur autorisation et donne des exemples de réévaluations récentes d’additifs alimentaires autorisés. Une manière de rassurer et le Parlement et les consommateurs sur la vigilance des services de contrôle de l’exécutif européen. Agra alimentation a pu prendre connaissance d’une synthèse des principaux résultats de certaines réévaluations réalisées récemment et de l’état d’avancement de celles qui sont en cours.

Nisine (E 234) et natamycine (E 235)

L’AESA a été chargée d’examiner la question de la résistance aux antimicrobiens en relation avec l’utilisation la nisine, une substance utilisée en vue de la conservation des denrées alimentaires (notamment fromages affinés et fromages fondus, puddings et mascarpone). La réévaluation s’est achevée en janvier 2006 et le groupe AFC (groupe scientifique de l’AESA sur les additifs alimentaires, les arômes, les auxiliaires technologiques et les matériaux en contact avec les aliments) a adopté un avis sur cette substance et a conclu que « le problème du développement d’une anti-biorésistance ne concerne pas l’utilisation de la nisine dans les aliments. ». Comme pour la nisine, la Commission a invité l’AESA à formuler un avis sur la sécurité de la natamycine en tant qu’additif alimentaire et à se pencher sur la question de la résistance de la natamycine aux antimicrobiens. Cette réévaluation est en cours et devrait s’achever à la mi-2007.

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Aspartame (E 951)

L’aspartame est un puissant édulcorant dont le pouvoir sucrant est environ 200 fois supérieur à celui du saccharose. La directive 94/35 permet son utilisation dans plusieurs aliments et boissons à faible valeur énergétique. En raison de la teneur en phénylalanine de l’aspartame, les personnes souffrant de la maladie génétique de la phénylcétonurie (PCU) doivent tenir compte de l’aspartame dans leur consommation journalière de phénylalanine. C’est pourquoi, la législation européenne prévoit que les produits contenant de l’aspartame doivent comprendre l’avertissement « Contient une source de phénylalanine ». Le CSAH (Comité scientifique de l’alimentation humaine) a évalué l’aspartame pour la première fois en 1984 et a fixé une dose journalière admissible (DJA) de 40 mg/kg de poids corporel. Par la suite, il a réévalué l’aspartame en 1988, en 1997 et en 2002. Au terme de cette dernière réévaluation, le comité a conclu qu’ « il ne voyait pas la nécessité de revoir les résultats de la précédente évaluation des risques ni la DJA précédemment fixée pour l’aspartame ». En juin 2005, la Commission européenne a appris l’existence d’une nouvelle étude réalisée en Italie. Elle a demandé à l’AESA d’évaluer d’urgence cette nouvelle étude et d’indiquer s’il était nécessaire de réviser le dernier avis sur l’aspartame, formulé par le CSAH en 2002. Après avoir examiné les données fournies par l’institut de recherche italien, l’AESA a conclu en mai 2006 qu’« il n’y avait aucune raison de réexaminer l’avis scientifique précédent sur la sécurité de l’aspartame ni de réviser la DJA établie par le CSAH ».

Réévaluation en cours pour les colorants

Comme déjà annoncé dans ces colonnes, la Commission a demandé à l’AESA de réévaluer en priorité les colorants alimentaires actuellement autorisés. Il existe aujourd’hui 46 colorants autorisés, que l’on peut diviser en trois groupes: les colorants naturels, synthétiques et minéraux. Afin de rassembler et de synthétiser les informations existantes sur les colorants, l’AESA a publié deux appels d’offres en novembre 2004: l’un visant à rassembler les informations disponibles sur les colorants synthétiques et l’autre sur les colorants naturels. En 2005, l’AESA a sélectionné un contractant pour rédiger des rapports succincts comportant des données sur la toxicité et la non-toxicité, qui seront utilisés dans le cadre de la réévaluation des colorants naturels et synthétiques actuellement autorisés. Au cours de la première année du marché, le contractant rédigera des rapports succincts sur dix colorants naturels et dix colorants synthétiques. La réévaluation actuelle, entamée en 2006, est menée par le groupe AFC.