Une fois de plus, la Commission européenne n’a pas pu répondre aux inquiétudes de plusieurs Etats membres concernant la « situation critique » du marché laitier, pour reprendre les termes d’une nouvelle intervention de l’Irlande lors du dernier Conseil agricole de l’UE. Elle a fait valoir que l’ensemble des instruments de gestion communautaires encore disponibles avaient été réintroduits pour tenter de faire face aux difficultés actuelles que connaissent d’ailleurs tous les principaux pays producteurs du fait de la crise internationale.
Soutenue par la Belgique, l’Allemagne, la Grèce, l’Espagne, la France, la Hongrie, l’Autriche, la Slovénie, la Slovaquie et le Portugal, l’Irlande a souligné, lors de la réunion du 24 avril à Luxembourg des ministres de l’agriculture de l’UE, que, chez elle et dans d’autres Etats membres, « les prix reçus par les éleveurs laitiers sont inférieurs aux coûts de production ».
Elle a aussi rappelé que la Commission avait pourtant déclenché des mesures de soutien : prolongation de deux mois, en novembre dernier, du régime de stockage privé du beurre ; réintroduction, en janvier, des restitutions à l’exportation pour le beurre, la poudre de lait et le fromage ; achats d’intervention du beurre et de la poudre de lait écrémé le 1 er mars, dans les limites obligatoires respectives de 30 000 tonnes et 109 000 t ; intervention par adjudication pour le beurre lorsque ce plafond a été atteint, ce qui est maintenant aussi le cas pour la poudre de lait écrémé.
L’Irlande a donc jugé impératif que les restitutions à l’exportation soient fixées à un « niveau suffisant » et que les achats publics par adjudication soient poursuivis à un « prix viable ».
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Des difficultés à l’échelle mondiale
Mariann Fischer Boel a reconnu la situation difficile des producteurs de lait, souvent confrontés à des prix de vente inférieurs aux coûts de production. La commissaire européenne à l’agriculture a néanmoins expliqué qu’elle avait fait tout ce qui était possible en termes de filet de sécurité, avec, notamment, des achats d’intervention « transperçant le toit ». Elle a aussi expliqué que les problèmes de marché n’affectaient pas que le secteur laitier de l’UE, mais l’ensemble des principaux producteurs agricoles mondiaux dans le contexte actuel de crise économique et financière.
Les prix du lait se sont au moins stabilisés, à des niveaux très bas toutefois, a enfin affirmé Mme Fischer Boel, assurant que la Commission continuerait de suivre de près le marché.