La Commission européenne résiste pour l'instant aux États membres qui réclament des mesures pour le secteur du porc, notamment la prolongation de la durée des contrats pour les produits ayant fait l'objet d'une aide au stockage privé.
L'allongement de la durée de stockage des produits du porc stockés au printemps dernier moyennant l'aide de l'UE, soit un volume de l'ordre de 60 000 tonnes (1), « n'est pas possible », et la réouverture de ce régime n'est pas judicieuse car, s'agissant du « principal instrument » de gestion du marché, « il ne faut pas en abuser ». Telle est la réponse apportée par le commissaire européen Phil Hogan, lors du Conseil agricole de l'UE du 13 juillet, aux États membres qui demandaient des mesures de soutien pour ce secteur dont la situation toujours difficile risque de se détériorer encore plus avec la prolongation de l'embargo russe. Le problème avait été soulevé par l'Autriche, la Belgique et la Pologne, soutenues notamment par la Hongrie et la France, l'Allemagne insistant plutôt sur la nécessité de développer les pistes à l'exportation.
« Trouver un nouvel équilibre » du marché
Le marché européen du porc « doit trouver un nouvel équilibre », les difficultés actuelles ayant « plus à voir avec l'expansion de la production » – +5 % sur le premier trimestre de 2015 et une hausse estimée de 2,6 % pour l'ensemble de l'année – « qu'avec le manque d'accès au marché russe », a également affirmé le commissaire à l'agriculture.
L'Autriche, la Belgique et la Pologne lui ont demandé, à ce propos, que les négociations soient intensifiées avec la Russie pour la reprise des exportations communautaires de produits qui ne sont pas inclus dans l'embargo, par exemple les abats comestibles et le lard.
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La même requête est formulée par les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca), qui, dans une lettre adressée le 14 juillet à Phil Hogan, avec copie aux commissaires à la santé et la sécurité alimentaire et au commerce, rappellent par ailleurs que, du fait de la peste porcine africaine, une « longue liste » de pays tiers impose encore des restrictions sur les produits de l'UE (Belarus, Chine, Équateur, Côte d'Ivoire, Japon, Kazakhstan, Corée, Singapour, Taïwan, Ukraine, Ouzbékistan...).
Le Copa-Cogeca estime aussi que « d'importantes mesures » peuvent compléter l'aide au stockage privé de la viande porcine, telles que les utilisations alternatives (biocarburant par exemple) de la graisse qui est actuellement stockée et ne convient plus à la consommation humaine, ou encore les actions de promotion.
(1) Voir n° 3495 du 04/05/15