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Céréales La Commission européenne tente de clarifier la situation en Hongrie

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La gestion du marché céréalier demeure très chaotique en Hongrie, où les offres à l’intervention s’élèvent à présent à plus de 3,8 millions de tonnes. Un groupe d’experts de la Commission européenne s’est rendu sur place afin de mieux évaluer l’ampleur des problèmes rencontrés par ce nouvel État membre.

Si d’énormes quantités de céréales ont été offertes à l’intervention en Hongrie depuis le 1er novembre dernier, seules 380 000 tonnes ont été achetées jusqu’à présent par les organismes publics de stockage en raison de nombreux problèmes pratiques liés aux manques de capacités de stockage, aux coûts de transport, à des défaillances au niveau des infrastructures et, parfois, à la difficulté de répondre aux critères de qualité. Or, selon la réglementation communautaire les achats de céréales à l’intervention doivent avoir lieu dans les trois mois suivant le dépôt des offres. Les experts de la Commission vont tenter d’évaluer la manière dont il convient d’aider la Hongrie à se sortir de ce mauvais pas.

Pour sa part, le négoce hongrois se plaint notamment de son impossibilité de faire face à la concurrence de la France ou des Pays-Bas pour exporter du blé à partir du marché libre, en raison des coûts de transport. Faute d’infrastructures appropriées, un montant de 30 euros par tonne serait nécessaire pour transporter les céréales des régions de production vers les zones portuaires.

Les agriculteurs manifestent pour recevoir leurs aides directes

Plusieurs milliers d’agriculteurs ont manifesté le 22 février à Budapest pour protester contre le non-paiement des aides directes agricoles de l’UE qu’ils estiment devoir toucher et, plus généralement, contre la concurrence jugée déloyale des producteurs d’Europe de l’Ouest.

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Les autorités hongroises affirmaient pour sa part que la plupart de ces subventions ont déjà été réglées aux ayant-droits et que les manifestants représentaient une petite minorité qui a fait des demandes incorrectes. Selon le gouvernement, plus des trois quarts des paysans hongrois reçoivent déjà des aides à hauteur de 35 000 forints (144 euros) par hectare de terre. Bruxelles paye 70 % de ce montant, le reste étant couvert par l’État hongrois. « Selon nos dernières informations 160 000 des 208 000 agriculteurs de Hongrie ont reçu leurs subventions », a déclaré le porte-parole du ministère de l’agriculture, Andras Dekany. « Les autres subventions ont été gardées sous le coude, parce que les dossiers étaient incorrects, surtout parce que la taille des exploitations a été exagérée », pour un total de 500 000 hectares, a-t-il indiqué.

Le gouvernement a jusqu’à avril pour débourser les aides directes dues aux agriculteurs.