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Prix alimentaires La communauté internationale vigilante face à la flambée des prix

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« Les cours internationaux actuellement élevés des denrées alimentaires ne signifient pas une crise bien que la vigilance soit de mise », estime l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) qui a quand même convenu avec la France de demander la convocation du Forum de réaction rapide mi-octobre.

Le président français François Hollande a convenu, le 17 septembre, avec José Graziano Da Silva, directeur général de la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), de demander que se réunisse au niveau des ministres de l’agriculture le Forum de réaction rapide (créé par le G20) mi-octobre à Rome, à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation. Ils se sont également mis d’accord pour que les responsables des pays du G20 puissent « se concerter sur les mesures à adopter pour ne pas amplifier les déséquilibres entre l’offre et la demande » lors de la réunion des membres du système d’information sur les marchés agricoles (AMIS), qui se tiendra aussi mi-octobre à Rome. Lors de cette entrevue, la FAO s’est par ailleurs prononcée en faveur de l’idée défendue par la France de constituer des stocks stratégiques pour lutter contre la volatilité des prix des matières premières agricoles.

FAO/OMC : le « libre-échange est essentiel »

Le directeur général de la FAO multiplie actuellement les rencontres pour prévenir toute crise alimentaire. Lors d’un entretien le 13 septembre avec son homologue de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, les deux hommes ont conclu que « les cours internationaux actuellement élevés des denrées alimentaires ne signifient pas une crise bien que la vigilance soit de mise face au resserrement du marché ». Ils ont notamment souligné l’importance d’harmoniser les mesures non tarifaires appliquées au commerce agricole et alimentaire, en particulier comme un moyen d’améliorer l’accès aux marchés et de renforcer la sécurité alimentaire. Selon eux, le rôle du libre-échange est essentiel pour assurer la sécurité alimentaire, « le commerce étant le véhicule qui permet aux approvisionnements alimentaires de satisfaire la demande à travers le monde ». Enfin, les deux responsables ont exhorté les pays à se garder de recourir à des mesures unilatérales telles que les achats dictés par la panique ou les restrictions à l’exportation qui ont souvent pour effet d’aggraver la hausse des prix mondiaux.

La hausse de la récolte argentine rassure

Dans ce contexte tendu, l’annonce de l’Argentine qui va augmenter de 2,75 millions de tonnes ses exportations de maïs sur la récolte 2011/2012 les portant à 16,45 Mt, a été bien accueillie. « Les exportations supplémentaires de l’Argentine, conjuguées avec les derniers chiffres du département américain de l’agriculture plus rassurants par rapport aux prévisions précédentes, devraient contribuer à atténuer le resserrement du marché mondial », a précisé le ministre argentin de l’agriculture Norberto Yauhar suite à une rencontre avec le directeur de la FAO à Rome. Au cours des trois dernières années, les exportations de l’Argentine, deuxième producteur mondial de maïs, ont représenté environ 15% des exportations mondiales. Le ministre de l’agriculture a également évoqué des perspectives « positives » pour la prochaine récolte grâce aux bonnes prévisions de pluies. Son pays pourrait ainsi exporter 15 Mt de maïs et 5 Mt de blé lors de la campagne 2012/13.

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