Si les produits Bleu Blanc Ruche sont déjà dans les rayons, ceux de la Compagnie des amandes attendront encore quelques années. « Cet hiver, nous allons planter entre 250 et 300 hectares », explique Arnaud Montebourg. Le projet de cette société, créé avec l’entrepreneur François Moulias, avec l’Inra au capital (10 %) et le leader des fruits secs Daco Bello (8 %), est de relancer une filière d’amandes made in France autour de 2 000 hectares et 500 000 amandiers, produits par une centaine d’exploitations.
Le modèle d’association avec les agriculteurs est assez original : la Compagnie des amandes et un propriétaire (ou un simple exploitant) de terres agricoles montent ensemble une société d’exploitation d’un terrain de 20 hectares en moyenne – que la société commune prend à bail durant 25 ans ; la Compagnie des amandes détient 49 % des parts de cette société. Le propriétaire des terres en détient 51 % mais il n’est pas obligé d’investir quelque argent que ce soit, puisque la société d’Arnaud Montebourg peut aller jusqu’à avancer l’ensemble de l’argent nécessaire durant les cinq ans qui précèdent le début de la production. Les échéances du prêt de la Compagnie des Amandes sont remboursables sur quinze ans à partir de la première année d’exploitation positive.
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Le projet de filière est par ailleurs ambitieux ; le document fourni par la Compagnie des amandes mentionne un projet d’IGP, d’unité de cassage d’amandes, d’organisation de producteurs. Sur le plan environnemental, les vergers doivent passer en culture biologique à horizon 3-4 ans. C’est notamment le sens de l’investissement de l’Inra, qui pilotera un programme de recherche sur le biocontrôle du ravageur Eurytoma Amygdali. À défaut d’y parvenir dans ces délais, il est prévu de certifier les vergers en Haute valeur environnementale (HVE). Et si la production d’amandes est réputée gourmande en eau, « notre technologie d’irrigation est extrêmement économe en eau, assure Arnaud Montebourg. L’amande cultivée en France sur nos 2000 hectares économisera 20 millions de m3 d’eau par rapport à de l’amande importée de Californie. »
Au 1er juillet, 70 projets avaient été identifiés, pour 1 500 hectares. Et de premières plantations ont eu lieu en mars.
2 000 hectares, 500 000 amandiers, une centaine d’exploitations.