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Epicerie La Compagnie des Indes orientales renaît grâce aux thés et infusions

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La marque en déshérence a été reprise pour se positionner sur le marché des thés et infusions « bien-être » biologiques. Le fondateur Dylan Thuillier (Hédiard, Bio C Bon) veut profiter de la vogue des produits santé pour étendre la marque aux cosmétiques.

La Compagnie royale des Indes orientales (CRIO), fondée en 1665 par Colbert sous Louis XIV, vient de renaître de ses cendres il y a tout juste quelques mois. « La marque était tombée en déshérence, ce qui m’a permis de la déposer à l’INPI pour des produits alimentaires », explique tout simplement Dylan Thuillier, ancien directeur chez Hédiard puis Bio C Bon. Bien connue du public, et pourtant inexploitée, la marque évoque tout un univers de voyages lointains, de grandeur historique mais aussi d’épices et de nouveaux aliments que la France du Roi-Soleil découvre à cette époque. La nouvelle CRIO joue sur ce registre en choisissant des emballage sobres, ornés de lettres d’or et d’un soleil rayonnant dans le plus pur style « Grand Siècle ».

Toutefois, loin de toute nostalgie d’une grandeur perdue ou d’une gamme d’épicerie fine qu’on aurait pu imaginer avec une telle marque, la CRIO opte résolument pour un positionnement très contemporain fondé sur la santé et le bien-être, inspiré des principes de la phytothérapie et des des médecines traditionnelles d’Asie. La gamme, 100% biologique, se compose d’infusions aux promesses bien-être, santé ou beauté (Chakra booster, Nirvana, Shiva Top ou Ayurvéda sont les noms des mélanges) et de thés fonctionnels ou parfumés d’Inde ou de Chine.

Pour le lancement de la gamme, Dylan Thuillier a choisi de s’appuyer « sur le réseau des magasins Bio C Bon où les produits sont présents depuis octobre ». Avec un tarif à 9 euros la boîte de 24 sachets, « la CRIO entend se faire une place entre Yogi Tea et les Thés de la Pagode, beaucoup plus chers ». Dans les prochains mois, l’objectif est d’installer les produits dans les autres réseaux de magasins biologiques, les grands magasins et les pharmacies, partout où se vendent des compléments alimentaires. « En avril, un magasin test sera ouvert dans le Marais à Paris, puis un deuxième sur la rive gauche de la Seine, avant de se lancer en Allemagne en 2018 », détaille le p.-d.g. de la jeune entreprise.

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Côté investissement, Dylan Thuillier ne donne pas de détails : seul investisseur au départ, il vient d’accueillir un actionnaire minoritaire, Jean-René Mestre, ancien pharmacien qui intervient aussi comme conseiller technique en matière de nutrition et de santé. « La CRIO est actuellement en discussion avec plusieurs fonds pour une levée de fonds », explique Dylan Thuillier.

« L’investissement dans l’outil de production n’est pas à l’ordre du jour, mais la question se posera dès qu’un volume d’activité significatif sera réalisé » selon le p.-d.g. Les produits sont actuellement conditionnés chez Herbapac, en Alsace. Le chiffre d’affaire visé cette année est de « quelques centaines de milliers d’euros », selon l’entrepreneur, qui compte arriver à « 2 à 4 millions d’euros dans trois à quatre ans ». Pour cela, Dylan Thuillier s’appuiera sur un deuxième pilier d’activité que seront les cosmétiques, toujours sous la marque CRIO. « Ces produits pourraient réaliser, dans trois ou quatre ans, 50 à 60% du chiffre d’affaires de l’entreprise. »