Ayant analysé les facteurs de la compétitivité des principaux pays exportateurs de blé tendre dans le monde, Crystel L’Herbier a décrit les atouts et faiblesses de chacun. Outre la variabilité interannuelle des rendements en blé tendre, 17% en France ou 14% aux Etats-Unis et 49% en Argentine ou 40% en Russie, leur progression année après année est aussi un facteur de compétitivité. Si les rendements progressent de 2,3%/an au Canada, en Ukraine ou en Russie, la tendance est à la stagnation en France à +0,1%/an. Cependant, l’Hexagone obtient les rendements moyens les plus élevés au monde à 9,3t/ha, contre 5,5 en Russie. Mais la France, le Canada et les Etats-Unis subissent aussi les coûts de production, sortie exploitation, parmi les plus élevés au monde, entre 140 et 160€ par tonne produite. Ces coûts tombent entre 70 et 80€/t pour les pays de la mer Noire. Autre point négatif de la compétitivité française, la faible taille des exploitations, en moyenne inférieure à 500ha. « La taille des exploitations française ne permet pas suffisamment de diluer les charges », a souligné Crystel L’Herbier. À ce niveau, la Russie est la plus compétitive avec des exploitations de 10 à 15 000 ha. La France est aussi « en queue de peloton » en ce qui concerne le « capital matériel immobilisé pour produire » à plus de 14 00€/ha, contre moins de 200€/ha en Australie ou en Argentine. Ces chiffres témoignent de la sur-mécanisation des exploitations françaises. Faiblesse supplémentaire de la compétitivité de la production de blé tendre en France, la productivité du travail. Ainsi, quand en France on produit entre 1 500 et 2 000t de blé par actif et par an, un argentin en produit 4 000t. Sur ce point la Russie et l’Ukraine sont mal placées à moins de 500t par actif et par an, « un témoignage de la forte utilisation de main d’œuvre héritée de l’époque soviétique », a indiqué Crystel L’Herbier.
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