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Étude La compétitivité des porcs et volailles français érodée sur de nombreux postes

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La compétitivité des filières françaises de porcs et volailles, par rapport à celle des pays voisins, est attaquée par une multitude de facteurs d’alourdissement des coûts, analyse une étude présentée le 21 juin par l’office FranceAgriMer.

Ce n’est pas un facteur unique, comme par exemple le coût de la main d’œuvre, qui explique pourquoi, depuis une dizaine d’années, les filières françaises de porcs et volailles perdent en rentabilité par rapport à celles des pays voisins (Pays-Bas, Danemark, Espagne, et maintenant Allemagne). Tout un ensemble de facteurs érodent peu à peu la compétitivité française, montre une étude du cabinet AND, réalisée avec l’aide de l’Institut français du porc et de l’Institut technique de l’aviculture, pour le compte de l’office FranceAgriMer.
Cette étude, qui a été présentée lors d’un conseil spécialisé « viandes blanches » de FranceAgriMer le 7 juin, fera l’objet d’un débat entre professionnels, a indiqué Michel Meunier, délégué pour les filières de viandes à la direction de l’animation des filières à l’office.

« Une sorte de délitement imperceptible » 
Les facteurs multiples en question, ce sont les coûts de la main-d’œuvre plus élevés en France qu’en Allemagne au stade de l’abattage et de la découpe, la taille limitée des bâtiments d’élevage et surtout celle des abattoirs et des entreprises de découpe. Ainsi que la multiplicité des cahiers des charges exigés par les enseignes de distribution pour se démarquer les unes des autres. Ces filières « paraissent vivre une sorte de délitement imperceptible, elles ne vont plus de l’avant », résume l’étude.
Dans le secteur de la volaille, la France reste compétitive en début de chaîne, avec des coûts d’aliments plus faibles que dans les autres pays (250 euros la tonne d’aliment, contre 262 euros aux Pays-Bas et en Allemagne). Mais elle perd son avantage concurrentiel à l’abattage : 40 centimes au kilo de volaille abattue, contre 30 centimes chez ses deux compétiteurs. C’est ainsi que la France importe 40% de sa consommation de poulets. Il y a dix ans, les importations françaises de poulets étaient quasi nulles, a relevé André Barlier, directeur « marchés, études et prospective » de FranceAgriMer.
Pour le porc, les coûts français sont inférieurs à ceux des voisins, en partie parce que les élevages français et les sites d’abattage et de découpe ont déjà amorti leurs investissements, la contrepartie étant qu’ils sont plus vétustes et moins bien adaptés. À 1,325 euro le kilo, le prix de revient français moyen est inférieur à celui de l’Allemagne (1,409 euro), des Pays-Bas (1,349 euro) et même de l’Espagne (1,382 euro).

L’offre française perce moins sur les marchés de masse
Mais malgré ces coûts de revient inférieurs, le solde du commerce extérieur français se dégrade dans le secteur porcin : l’Espagne et maintenant l’Allemagne sont devenus les premiers fournisseurs de la France. Ces pays parviennent à percer sur les marchés de masse, en vendant des pièces désossées élaborées, mais standardisées, alors que l’offre française, plus diversifiée, perd du terrain. Les exportations de l’Allemagne sont passées de 700 000 tonnes-équivalent-carcasse de viande porcine en 2000 à 2,3 millions de tonnes dix ans plus tard, montre une courbe de l’étude.
Pour la volaille comme pour le porc, l’offre française est caractérisée par des gammes larges. À l’inverse, l’offre allemande est standardisée, les enseignes de distribution et les industriels s’étant entendus sur un socle commun appelé « qualité standard » (QS). Plus standardisée, l’offre allemande est néanmoins élaborée, présentée sous la forme de viandes marinées, jambons de volailles, brochettes de dindes, pièces désossées et autres plats cuisinés, a indiqué Yves Trégaro, chef de l’unité « productions animales » à la direction « marchés, études et prospective » de FranceAgriMer. Dans un tel contexte, les produits français sous labels de qualité, tel le Label rouge, piétinent, sur le marché intérieur comme à l’exportation.

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