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Viande de porc / Investissements La compétitivité, leitmotiv de Cooperl-Hunaudaye

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Le groupe coopératif Cooperl-Hunaudaye met cette année la dernière main à son programme d’investissements de 30 millions d’euros étalé sur quatre ans, qui a consisté à renforcer son potentiel de production et de transformation de viande de porc. Et rendre le numéro 1 du porc en France encore plus compétitif.

La dernière étape de ce programme d’investissements concerne, la partie désossage (10 millions d’euros) qui va permettre au groupe porcin, lors de sa mise en activité prévue au milieu de l’année dans son site principal de Lamballe (Côtes d’Armor), d’aller jusqu’à 90 à 100 % des viandes désossées, selon les besoins, contre 50 % jusqu’à présent. 

En quatre ans, la transformation de l’appareil de production de Cooperl-Hunaudaye a été impressionnante. Elle s’est traduite par l’augmentation des capacités de sa première usine, adossée à son siège à Lamballe (40 000 porcs par semaine contre 25 000 en 2001, plus le désossage) et la construction d’un système propre de traitement des effluents de l’activité d’abattage (lire encadré).

Le numéro 1 français du secteur travaille aujourd’hui avec un second abattoir découpe primaire basé à Montfort-sur-Meu en Ille-et-Vilaine qui traite 30 000 cochons chaque semaine. «  Il procède à un peu de désossage, mais toute l’élaboration, les unités de vente consommateurs, la salaisonnerie, c’est Lamballe qui s’en charge », explique le directeur industriel de Cooperl Hunaudaye, Jean Gourdet.

Aujourd’hui, l’ensemble pèse 320 000 tonnes de viandes de porc avec 2 700 salariés. Il constitue un outil extrêmement moderne pour «  être le plus compétitif possible », précise Jean Gourdet. La stratégie du meilleur coût de revient dépend de deux facteurs, selon le directeur général Jean-Claude Commault : «  Amortir rapidement nos investissements avant que les outils soient usés, et bénéficier d’une croissance permanente ».

Jusqu’à présent, la stratégie de Cooperl a parfaitement fonctionné, grâce aux performances de son industrie de la nutrition animale. Depuis plusieurs années, à longueur de réunions professionnelles, dans les pages des journaux locaux, Cooperl-Hunaudaye s’affiche comme le champion de la performance et du prix. Et cela marche. Rien qu’en 2004 sur un marché en recul, «  un éleveur par semaine nous a rejoint » et les tonnages d’aliments ont augmenté de presque 7 %. Résultat, Cooperl-Hunaudaye affiche encore en 2004 une croissance de ses tonnages de presque 6 % avec 1,427 million de tonnes produits contre 1,345 million en 2003, selon M. Commault.

SATURER LES OUTILS

Aux 3,2 millions de porcs apportés dans ses usines par ses adhérents, Cooperl-Hunaudaye a ajouté, en 2004, 300 000 cochons achetés au marché du porc breton pour saturer le plus possible ses outils. Cette politique a rencontré bien des obstacles. «  Notre industrie n’attire plus des salariés, il a fallu automatiser des postes, enlever de la pénibilité ».

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La crise de ces trois dernières années en viande porcine a comprimé les marges dans les élevages et chez l’industriel. Cependant sur les six derniers mois de l’année 2004, une forte demande des pays asiatiques et de la Russie a redonné de la fluidité au marché. Cooperl-Hunaudaye a ainsi réalisé 32 à 33 % de ses ventes à l’exportation, contre 20 à 25% habituellement.

« Nous avons travaillé à 30 % en direction de la grande distribution et à 40 % vers les industriels (les salaisonniers NDLR) », précise le directeur industriel. Au final, le chiffre d’affaires consolidé du groupe bondit de 857 millions d’euros en 2003 à 950 millions en 2004, selon M. Commault.

Depuis le début 2005 toutefois, les acheteurs internationaux se détournent de nouveau de la Bretagne et le marché fonctionne par à coup, toujours avec une consommation intérieure atone. Les dirigeants de Cooperl-Hunaudaye estiment que leur politique reste la bonne dans ce contexte. Auprès des GMS, il s’agit de faire des volumes à marque de l’enseigne, et de placer le logo Cooperl sur des produits de valeur, type viandes épicées, saucisses…

Les unités de vente consommateurs augmentent (autour de 7000 tonnes en 2004). Ce sont principalement des caissettes familiales, «  car 60 % du marché de la viande de porc se fait en promotion ». Les produits de salaisons demeurent autour de 25 000 à 27 000 tonnes, selon Jean-Claude Commault. Quant aux produits issus des filières qualité, Carrefour notamment, Jean Gourdet constate qu’il est plus difficile aujourd’hui de les valoriser dans les linéaires.

Dans un monde porcin demain promis aux Américains, aux Brésiliens et aux nouveaux producteurs de l’Est, «  seules les entreprises les plus compétitives resteront», analyse M. Gourdet. En tous les cas «  celles qui perdront moins de volumes que les concurrents », souligne M. Commault. Il sait parfaitement que le « papy-boom » va faire partir à la retraite, avant 2010, un grand nombre de producteurs nés dans l’immédiat après seconde guerre mondiale sans qu’il aient tous des repreneurs.