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Grève du lait La comptabilisation cède la place à l’image choc

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La bataille d’informations, de chiffres et de communiqués rendait impossible une estimation exacte de l’ampleur de la grève du lait. Ce mouvement a rapidement utilisé les images choc de déversements de lait dans les champs ou les cours de laiteries, relayées par les médias télévisés. Au final, les entreprises sont parfois plus gênées par des blocages de leur activité, provoqués par le Confédération paysanne, que par la grève du lait.

Depuis son lancement le jeudi 10 septembre, la grève du lait a, avant tout, donné lieu à une bataille de chiffres quant à son ampleur. Entre les industriels qui avancent le chiffre de 10 % de la collecte jusqu’aux organisateurs de la grève qui annoncent 40 % des éleveurs, voire 50 % en milieu de semaine et 40 000 en Europe, en passant par la FNSEA qui, par la bouche de Jean-Michel Lemétayer évoquait 7 % de la collecte, la qualification du mouvement est proprement impossible.
Dans l’Ouest, l’Association des producteurs de lait indépendants (Apli) évoquait le 14 septembre 40 % de lait non collecté à l’échelle de la Bretagne, les industriels parlaient plutôt de 10 %. Sous couvert d’anonymat, le président d’un groupe coopératif laitier citait le chiffre de 7 % de lait non collecté dans les quatre départements bretons. Chez Lactalis, on affirmait que 5 % de la collecte était touchée par la grève. Entremont Alliance constatait une montée progressive du mouvement de grève qui affectait, en début de semaine, autour de 10 % de sa collecte. En milieu de semaine, le taux de participation s’élevait à 12% de ses producteurs et autant de ses volumes. Even et Maîtres laitiers en Normandie annonçaient 10% en début de semaine. La Sill, pour sa part, évoquait 20 % de sa collecte. Autant de chiffres contestés par le bulletin quotidien du mouvement diffusé par l’OPL et l’EMB, les deux organisations à l’origine du mouvement.
Les laiteries fonctionnent
Dans certains secteurs, tous les producteurs de lait sont en grève. Dans d’autres, quasiment aucun. En Centre-Bretagne, autour de Carhaix-Plouguër (Finistère) et Rostrenen (Côtes d’Armor), le blocage de citernes par les grévistes ont empêché le week-end la collecte de non-grévistes. L’unité de Quimper d’Entremont-Alliance était elle aussi bloquée par la Confédération paysanne. Gilbert Kéromnès, représentant dans l’Ouest de la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL) parlait de 10 % de collecte en moins pour le secteur coopératif, principal collecteur du bassin breton. L’essentiel des laiteries ou de leurs organisations estimaient, de plus, que cette réduction des livraisons n’entravait pas leur fonctionnement.
Sur le plan médiatique, le relais était rapidement pris, en milieu de semaine, par des actions spectaculaires de déversement de lait. Les télévisions relayaient un épandage de centaines de tonnes dans un champ en Belgique tandis qu’en France, 50 000 litres étaient versés d’un coup à Les Pieux, dans la Manche, 200 000 litres à Bourbriac (Côtes d’Armor), 150 000 litres à Saint-Omer (Pas-de-Calais) tandis que des bureaux de Sodiaal, dans l’Isère, étaient inondés. Un « vendredi blanc » était, de cette manière, organisé par la Confédération paysanne près de Nantes.

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