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Structures d’exploitation La concentration des exploitations laitières s’accélèrent

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En s’appuyant sur les chiffres du recensement agricole 2010 paru le 30 avril, l’Institut de l’élevage tire un premier bilan : la disparition des élevages laitiers s’accélère. Mais selon les régions, les orientations que prennent les exploitations diffèrent, et c’est ainsi une France laitière scindée en 3 parties qui est en train de se dessiner.

La réduction du nombre d’exploitations laitières va s’amplifier, avertit Christophe Perrot, économiste à l’Institut de l’élevage. Paru le 30 avril, les chiffres du recensement agricole 2010 ont en effet permis à Christophe Perrot d’entamer un travail d’actualisation de son étude de 2009 sur la transformation du paysage laitier français. Si cette mise à jour ne sera terminée que dans plusieurs mois, une tendance semble d’ores et déjà se dessiner. « Les fortes contraintes territoriales ont été gelées par la politique laitière française, or nous sommes en train de desserrer les verrous », explique-t-il. Conséquence, trois France laitières sont en train de se dessiner à l’approche de la fin des quotas en 2015.

Le Sud adopte la polyculture, le Grand-Ouest se spécialise

« Il y a un phénomène de boule de neige. Plus le milieu est défavorable à l’élevage, plus la concentration s’accélère », analyse Christophe Perrot. Ainsi, les structures du Sud-Ouest sont les plus enclines à se concentrer et à se tourner vers la polyculture. La diversification des activités agricoles permet en effet à ces éleveurs d’assurer une meilleure stabilité de leurs revenus dans un marché où la volatilité des prix du lait va elle aussi en s’accélérant. En zone de montagne, le glissement de bovins lait vers des bovins viande prend de plus en plus d’ampleur. Les conditions d’élevage et les difficultés de collecte liées aux spécificités de ces territoires encouragent par nature les éleveurs à abandonner la production laitière en faveur d’autres productions, voire d’activités non agricoles. « Il y a un vrai risque d’abandon complet de production laitière en montagne », prévient Christophe Perrot. Enfin, dans le croissant laitier (régions ouest, nord et est), la situation est totalement inverse. « On assiste à une spécialisation de la production laitière », avance l’économiste de l’Institut de l’élevage. Les éleveurs de ces régions, encouragés par les coopératives, voient en effet dans la libéralisation des marchés à l’horizon 2015 une opportunité pour augmenter leur production laitière, et se préparent donc en abandonnant l’élevage de vaches allaitantes (destinées à la consommation de viande) au profit de vaches laitières.

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