Lors d’une réunion consacrée à la relance post-coronavirus avec le ministre de l’Agriculture, le 11 juin, la Confédération paysanne a présenté son projet de « sécurité sociale de l’alimentation », explique son porte-parole Nicolas Girod à Agra Presse. La Conf' propose d’explorer la façon « d'ouvrir une branche " alimentation " dans la sécurité sociale actuelle ». Concrètement, chaque foyer – pas seulement les plus précaires – toucherait « 150 euros par mois pour que tout le monde puisse choisir son alimentation ». Le mécanisme pourrait être financé par un redéploiement du produit de la TVA.
À la manière des conventions passées avec les médecins pour la branche " maladie " de la Sécu, le syndicat minoritaire propose de « monter des conventionnements avec le monde agricole, la transformation et la distribution ». Le but ? « Diriger le modèle de production et de transformation pour construire un autre modèle sur une partie de l’alimentation. » La gouvernance de ce système serait assurée par des caisses locales pour « arriver à définir démocratiquement un modèle à l’échelle d’un territoire ».
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Devant cette proposition, « Didier Guillaume a un peu botté en touche », rapporte Nicolas Girod, même si le ministre a reconnu que « la précarité alimentaire augmente ». Pendant le confinement, le gouvernement a lancé un plan d’urgence de 39 M€ pour y répondre. Mais, pour le porte-parole de la Conf', l’aide alimentaire telle qu’elle est conçue aujourd’hui est « une hérésie, qui consiste à subventionner pour produire trop, puis défiscaliser des dons ».
Dans son plan de relance présenté au ministre, la Confédération paysanne propose aussi de rendre obligatoires les PAT (projets alimentaires territoriaux). Plus largement, ce plan repose sur le triptyque « protéger, installer, socialiser ». Le volet « protéger » comporte notamment une expérimentation sur des prix minimums d’entrée des fruits et légumes dans l’UE. « Des clauses de localité doivent pouvoir être intégrées dans les marchés publics », demande encore la Conf', à l’instar de la FNSEA, de plusieurs interprofessions et parlementaires.
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