Abonné

Pac La Confédération paysanne demande à Hollande de « changer de cap »

- - 3 min

La Confédération paysanne est très déçue de l’application française de la réforme de la Pac proposée par François Hollande au Sommet de l’élevage. Dans une lettre ouverte, elle lui fait part de ses regrets et propose des solutions alternatives.

Profondément déçue par les orientations données par François Hollande à la réforme de la Pac, la Confédération paysanne lui a adressé une lettre ouverte, lundi 14 octobre, lui demandant de « changer de cap ». Laurent Pinatel, porte-parole, et Judith Carmona, secrétaire nationale, accusent le président de ne pas oser « avoir l’ambition de plus de justice » : en limitant la convergence des aides à 70% du budget du premier pilier, avec une perte plafonnée à 30% par exploitations, la position française se contente des suivre le cadre européen, « sans aller plus loin », regrette le syndicat.
La surprime aux 52 premiers hectares est considérée comme un « coup de pouce encore bien loin des attentes », puisqu’elle n’est dotée que de 20% de l’enveloppe du premier pilier et mise en place de façon progressive. Le syndicat estime que Stéphane Le Foll, qui s’était battu à Bruxelles pour pousser cette possibilité à 30%, est « désavoué » par le président.
 
Un recouplage dilué
Concernant le recouplage des aides, la Confédération paysanne regrette que le président n’ait « pas dit un mot » des « productions les plus en difficultés », comme les fruits et légumes et les petits ruminants. Elle déplore également que la prime à la vache allaitante et l’indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN) soient attribuées « à tous les éleveurs au lieu de viser ceux qui en ont le plus besoin », ce qui dilue leurs impact.
Enfin, le syndicat critique la mise en place du plan de modernisation des bâtiments d’élevage, qui aura pour conséquence l’agrandissement et la mécanisation des exploitations ; l’attribution d’1% du budget du 1er pilier à l’installation au lieu des 2% possibles, ou encore le fait que l’agroécologie ait « disparu » du discours du président.
 
Les disparités persistent
« Vous pouviez choisir une convergence à 100% et la fin rapide des références historiques qui auraient permis de supprimer des disparités héritées d’un autre temps », suggèrent Laurent Pinatel et Judith Carmona. Malgré l’arbitrage de François Hollande, ils pensent toujours que des « aides couplées ciblées et plafonnées sur la base des revenus agricoles auraient pu assurer la diversité de notre agriculture en redonnant du souffle, en particulier, à l’élevage de petits ruminants et aux producteurs de fruits et légumes », et qu’une « majoration conséquente sur les premiers hectares aurait permis de rééquilibrer la balance, suite à la convergence, entre grands exploitants et petites/moyennes fermes », favorisant « concrètement l’emploi ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.