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Jeunes bovins La Confédération paysanne dénonce les modalités de l’aide à l’engraissement

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Le 28 mars, une délégation de la Confédération paysanne s’est introduite chez Coop de France pour protester contre les modalités de l’aide à l’engraissement des jeunes bovins. Le syndicat juge cette mesure discriminatoire pour les petits et moyens élevages et appelle donc Coop de France à la condamner. Contraints de quitter les lieux par les forces de police quelques heures après leur intrusion, les responsables de la Confédération paysanne prévoient désormais de se tourner vers le Conseil d’Etat.

Le 28 mars à 18 heures, une cinquantaine d’adhérents de la Confédération paysanne ont investi les locaux parisiens de Coop de France pour protester contre les modalités de l’aide à l’engraissement des jeunes bovins. Le souhait du syndicat était de voir Philipe Mangin, président de Coop de France, revenir sur son soutien à cette mesure. L’aide est « discriminatoire », juge Gérard Durand, secrétaire national de la Confédération paysanne. La Confédération déplore le seuil de 50 bêtes abattues par an nécessaire pour prétendre à cette aide de 60€ par place d’engraissement. « Nous ne sommes pas hostiles à l’engraissement », précise Gérard Durand, mais
« nous voudrions que cette aide soit allouée dès la première bête abattue, afin d’encourager les naissances de fermes et la polyculture ». Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne, estime, pour sa part, que les ateliers d’engraissement ne sont structurellement pas rentables, quelles que soient les aides qui leur sont accordées. « Nous ne sommes pas dans le Midwest avec des troupeaux de 200 000 bêtes et des coûts de production extrêmement bas », compare-t-il, avant de conclure que ces aides prônent un système agricole qui « n’est pas adapté au modèle français ».

Des modalités qui excluent trop de paysans

La Confédération paysanne dénonce également le fait que cette aide ne concernera que les jeunes bovins de 12 à 24 mois. « Ce système n’aidera donc que les filières destinées à l’export », analyse Gérard Durand. Et d’autres modalités encore sont dénoncées par le syndicat. L’aide à l’engraissement ne concernera en effet que les éleveurs ayant intégré une organisation de producteurs et contractualisé leurs relations commerciales avec les acheteurs. « L’immense majorité des éleveurs est exclue du dispositif alors que ce sont eux qui maintiennent l’élevage dans les territoires », regrette la Confédération paysanne dans un communiqué de presse du 29 mars. Enfin, les adhérents dénoncent la procédure par laquelle ces aides seront financées. Elles seront en effet versées via l’article 68 de la Pac, article qui permet une réallocation des aides après prélèvement sur le 1er pilier. « L’ensemble des paysans cotiseront pour favoriser la concentration, au mépris des petites et moyennes exploitations », s’insurge Gérard Durand.

Expulsé par les CRS

Les membres de la Confédération paysanne n’auront pas obtenu le revirement de Coop de France, et ont été délogés par une centaine de CRS vers 21h30 (selon la Confédération paysanne). Mais pour Philippe Collin, cette action aura au moins permis de ramener le sujet au cœur des débats. Et si la Confédération paysanne ne prévoit pas de nouvelles actions de ce type, elle envisage par contre de passer par une voie légale pour contrer la mise en place de l’aide à l’engraissement et son fameux seuil des 50 bêtes abattues. « Nous allons demander aux éleveurs n’atteignant pas ce seuil de déposer des demandes pour obtenir l’aide. Ils seront logiquement refusés, et nous pourrons alors attaquer le décret d’application auprès du Conseil d’Etat pour discrimination », annonce Philippe Collin.

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