Plusieurs dizaines de responsables et de militants de la Confédération paysanne ont manifesté tout près de l’Assemblée nationale le 23 mai avec des sifflets pour exiger l’institution d’un véritable arbitrage public dans la loi pour l’équilibre des relations commerciales. À leurs yeux, le propos gouvernemental est « un discours d’enfumage ».
Des sifflets pour exiger l’introduction dans la loi d’un arbitrage de l’État, des fumigènes pour dénoncer un discours d’enfumage. « Imaginez un match de foot, avec d’un côté quinze industriels et distributeurs, équipés de genouillères et de solides chaussures, face à hui paysans en caleçon et sans chaussures, à qui l’État se borne à dire “ne vous inquiétez pas, vous y arriverez” C’est ce vers quoi on va », a désigné Nicolas Girod, secrétaire général chargé des EGA.
La Conf’ ne croit pas à la construction automatique du prix
Le ministre de l’Agriculture affirme que la construction du prix partant du coût de revient des paysans et une incitation à se regrouper en OP « garantiront mécaniquement un juste revenu », a rappelé Nicolas Girod. Or, « dans la réalité, le prix est le fruit d’un rapport de force entre les producteurs et leurs acheteurs ». Que se passera-t-il si les négociations aboutissent à un prix qui n’est plus celui du coût de revient, a interrogé l’orateur. La Confédération paysanne ne croit pas à l’automatisme de la construction du prix partant du coût de revient sans une disposition contraignante. Elle demande la mise en place d’un arbitrage public des relations commerciales agricoles, intervenant après la médiation pour contrer les mauvaises pratiques commerciales. Cette question de l’arbitrage de l’État « est le sujet numéro un de ce que nous attendons de la loi ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
De même, la Confédération paysanne est sceptique sur l’automatisme de la transmission vers l’amont du relèvement du seuil de revente à perte : « Rien dans la loi ne garantit que la marge de 10 % sera redistribuée par ruissellement du distributeur à l’industriel, puis par ruissellement de l’industriel au producteur », a déclaré Nicolas Girod.
Plusieurs députés ont rendu visite aux manifestants : Dominique Potier (Nouvelle Gauche), Sandrine Le Feur (EM), François Ruffin et Loïc Prudhomme (France Insoumise), André Chassaigne (PCF), Jean Lassalle (NI) et surtout assez longuement Stéphane Le Foll.
« Dans la réalité, le prix est le fruit d’un rapport de force entre les producteurs et leurs acheteurs »