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TVA sociale La Confédération paysanne préfère soutenir l’emploi plus que la « TVA antisociale »

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La Confédération paysanne juge qu’une hausse de la TVA ne provoquera qu’une dégradation des conditions sociales des travailleurs agricoles français. Le syndicat appelle donc de ses vœux les autorités françaises à favoriser les salaires de la paysannerie et le pouvoir d’achat des consommateurs.

Lors de ses vœux du 12 janvier, la Confédération paysanne a réitéré ses réserves face à la mise en place d’une TVA sociale. Un outil qui ne fera que dégrader la situation des exploitants agricoles français, selon le syndicat. « Si le modèle de construction européenne consiste à niveler vers le bas, il n’y aura pas de compétitivité suffisante tant que les coûts de production n’atteindront pas 0 », a lancé Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne, ajoutant que « lutter contre les importations en augmentant les taux de TVA est un argument fallacieux ». C’est plutôt la voie de la revalorisation du travail qui est prônée par le syndicat, avec un « un projet social européen qui permettrait de payer les cueilleurs en Allemagne au même tarif qu’en France ». Car c’est bien l’ensemble du modèle allemand qui est remis en question, Philippe Colin n’hésitant pas à rappeler la chute des prix du porc qui plombe la filière élevage outre-Rhin. La preuve pour la Confédération paysanne qu’un dumping social ne mène qu’à un appauvrissement de la population et donc à une baisse de la consommation qui pèse sur les revenus des agriculteurs. « Pour améliorer les conditions des paysans, il faut augmenter les prix de revente de production, et pour ça il faut en corollaire redonner du pouvoir d’achat aux classes populaires », estime Philippe Collin.

Plus de protectionnisme et moins de compétitivité
Plus précisément, le syndicat regrette la course à la compétitivité et estime qu’une revalorisation sociale serait plus bénéfique à l’agriculture française et à ses exploitants. « Nous sommes d’accord pour la production, mais on ne se retrouve pas dans cette recherche de compétitivité à tous crins », explique Christian Roqueirol, secrétaire national de la Confédération paysanne. « Il faut arrêter les avantages fiscaux qui incitent à l’achat de machines, et plutôt inciter à augmenter l’activité salariale. On pourrait imaginer une déduction fiscale pour l’emploi », juge de son côté Philippe Colin. Outre une rémunération plus « juste », et un développement de l’emploi, l’idée d’un protectionnisme européen séduit la Confédération paysanne. « Il n’est pas normal que la plus grosse passoire mondiale soit l’Union européenne. Aujourd’hui, tous les pays protègent leurs marchés à part l’Europe. On ne peut pas lutter en tant que paysan face à l’importation de produits en provenance de pays moins ouverts socialement et environnementalement », dénonce Philippe Collin. La levée du maïs Mon 810, ainsi que la loi votée sur les certificats d’obtention végétale, ont également provoqué la colère du syndicat. Christian Roqueirolle n’hésitant pas à appeler les paysans français à ne pas payer les taxes sur les semences. Une résistance sans risque selon le secrétaire national, qui juge la « loi inapplicable ».

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