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Assemblée générale La Confédération paysanne se mobilise contre le loup

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La Confédération paysanne a décidé de mobiliser ses forces contre le loup et les dégâts du prédateur dans les troupeaux d'ovins. C'est une des orientations évoquées par le porte-parole Laurent Pinatel à l'occasion de l'assemblée générale qui s'est tenue à Montreuil le 5 juin. L'organisation n'en oublie pas pour autant la lutte contre les élevages industriels comme « La ferme des 1000 vaches ».

«ON ne peut pas avoir en même temps le loup et le mouton », affirme le porte-parole de la Confédération paysanne Laurent Pinatel. À entendre le militant de l'organisation paysanne, le loup sera dans les semaines qui viennent au centre des actions du syndicat. « L'Etat n'assume pas son rôle qui est de protéger les élevages de moutons », regrette Laurent Pinatel. Son syndicat demande, du coup, le droit pour les éleveurs de protéger leurs troupeaux, tout en étant conscient qu'éliminer un loup est une tâche qui doit être assumée par des spécialistes. En tout cas, les militants demandent que le loup ne soit plus protégé par les conventions internationales. Très proche en général de positions des organisations écologistes, la Confédération reconnaît que sa position peut susciter des discussions avec certaines d'entre elles. Mais la plupart des ONG de défense environnementale ou des animaux se voient forcées de reconnaître que la présence et la multiplication des loups est devenu un vrai problème.

Sus à l'agriculture industrielle

L'organisation syndicale n'en oublie pas pour autant son action contre « l'agriculture industrielle » symbolisée récemment par le « démontage » et non le saccage, insiste bien Laurent Pinatel, de la salle de traite de la ferme aux 1000 vaches. Toute évocation de fermes de grande taille provoque aussitôt une réaction très vive des militants. Ceux-ci n'imaginent même pas qu'on puisse accepter l'idée d'une dizaine d'éleveurs qui regrouperaient l'équivalent de cent vaches chacun. Explication : l'agriculture doit défendre le principe de l'emploi, du nombre d'agriculteurs et donc de leurs revenus. Conséquence, quelle que soit la propriété de ces élevages géants, leur principe même est antinomique à l'agriculture paysanne. C'est ce qui explique qu'en dépit d'une acceptation de principe des derniers arbitrages de Stéphane Le Foll (« ils vont dans le bon sens ») sur l'application de la Pac, la Confédération reste » un peu déçue ». Notamment par le plafond imposé aux aides (130 vaches allaitantes) qu'elle trouve trop élevé.

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Pas d'exportation sans valeur ajoutée

Cette agriculture tournée vers les grands marchés n'est pas celle que défend la Confédération paysanne. L'exportation ne se justifie, selon elle, que si elle débouche sur plus de valeur ajoutée pour les territoires. Le syndicat, nouveau membre de l'interprofession laitière (Cniel) se félicite d'ailleurs du retard mis à la publication d'un document du Cniel prônant un doublement des exportations laitières d'ici 2020. Et s'il s'oppose aux négociations commerciales transatlantiques entre l'Europe et les États-Unis, c'est autant pour éviter l'invasion de produits européens aux Etats Unis que pour s'opposer à celle des produits américains en Europe. « Il faut des paysans partout, en Europe comme aux États-Unis », dit le porte-parole de la Confédération.

Des OP laitières par bassins

Pour améliorer cette valeur ajoutée au profit des éleveurs, la Confédération milite pour des organisations de producteurs « horizontales », c'est-à-dire par bassin de production et non comme actuellement par laiterie. Dans cet esprit et compte tenu de la disparition prochaine des quotas laitiers, elle demande qu'il y ait une cohérence entre la politique d'installation en élevage laitier et la gestion des volumes par bassin. Elle refuse de faire des grandes surfaces le bouc émissaire de prix bas en élevage laitier. « Mon premier interlocuteur, c'est l'industriel, affirme Laurent Pina-tel. Et s'il me dit qu'il ne parvient pas à faire passer des hausses de prix auprès des grandes surfaces, ce n'est pas à moi de manifester dans les magasins pour l'y aider ».