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Bilan de santé de la Pac La Confédération paysanne s’inquiète pour l’avenir de l’élevage

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L’élevage ovin est menacé, a expliqué la Confédération paysanne à l’occasion d’une conférence de presse organisée le 18 juin à Paris. Les négociations liées au bilan de santé de la Pac risquent en effet, selon la Confédération, de conduire à un découplage des aides ovines alors que, parallèlement, les DPU sont accessibles aux zones boisées. L’élevage ovin risquerait donc d’être remplacé par des forêts. Mais au-delà des ovins, la Confédération s’inquiète pour l’ensemble de l’élevage.

La prime ovine risque d’être découplée, alerte la Confédération paysanne qui y voit l’arrêt de mort de la production ovine en France. C’est ce que son porte-parole Régis Hochart a expliqué à l’occasion d’une conférence de presse le 18 juin à Paris. Le problème vient de ce que l’article 68 (ex-69) de la Pac, nouvellement rédigé dans le cadre du bilan de santé mené par Bruxelles, prévoit que tout prélèvement sur les aides ne peut être affecté à une production que si celle-ci ne bénéficie pas d’aide couplée. Or, la prime ovine est encore couplée à la production. Vouloir affecter aux ovins un supplément d’aide impliquerait le découplage des aides actuelles. Selon la Confédération paysanne, le ministre de l’Agriculture, en visite dans les Deux-Sèvres, aurait évoqué une telle hypothèse. Non, répond-on dans l’entourage du ministre où l’on explique que son objectif est au contraire de faire sauter cette clause pour accorder des aides toujours couplées aux producteurs d’ovins.

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« M. Barnier dit des choses pas insensées »

Pour Régis Hochart, c’est en fait la question de l’élevage qui est posée dans le bilan de santé et lors du semestre à venir. Le découplage des aides, l’abandon des outils de régulation de marché, la baisse des protections tarifaires dans le cadre de l’OMC… l’élevage n’est pas, aux yeux de la Confédération, une priorité pour la Commission européenne. L’élevage serait-il abandonné en raison de son impact sur l’émission de gaz à effets de serre, demande Régis Hochart ? Pourtant, une étude coordonnée par l’Inra (GreenGrass 2002-2004) montre que les prairies, qui occupent un quart du territoire européen, présentent un intérêt par leur contribution nette neutre, voire favorable au regard de la maîtrise des émissions de gaz à effet de serre. Quant au rôle des pouvoirs publics français, « Michel Barnier dit des choses pas insensées,affirme Régis Hochart, mais il n’a pas de moyens pour les appliquer ». Il a, enfin, fermement critiqué la décision de venir en aide aux exploitants agricoles face aux conséquences des coûts énergétiques plus élevés. « Tout le monde est touché par la hausse du fioul,explique-t-il. Demander un dégrèvement de taxes pour une catégorie de la population tient du scandale absolu. Ces taxes conduisent à une hausse des charges de 10 centimes le kilo produit pour les céréales alors que les prix de vente ont augmenté de 60 centimes ».