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Réforme de la Pac La Confédération paysanne veut aménager la Pac pour l’emploi

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La Confédération paysanne espère peser pour que les dernières marges de manœuvre de la réforme de la Pac profitent aux productions les plus en difficulté. C’est ce qu’ont plaidé ses représentants auprès de Stéphane Le Foll, qui les a invités mardi 22 octobre.

Les représentants de la Confédération paysanne ont été reçus par le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, mardi 22 octobre. Suite à l’annonce des orientations françaises de la réforme de la Pac, ils avaient adressé une lettre ouverte à François Hollande pour exprimer leur mécontentement. « Malgré la colère provoquée par les arbitrages du président de la République, nous restons mobilisés pour porter nos revendications sur tous les points où les décisions n’ont pas encore été prises », expliquait le syndicat après l’entrevue.
Parmi ces marges de manœuvre figure la répartition des aides couplées. Laurent Pinatel, porte-parole, a demandé au ministre que les 13 % de l’enveloppe du premier pilier destinés au couplage aillent en priorité vers la production ovine, caprine, laitière et les fruits et légumes, avec un « plafonnement indispensable », une surprime des premières unités de bétail et une dégressivité, a-t-il expliqué à la sortie de l’entrevue. Le syndicat considère que l’enveloppe de 2 % de couplage pour la production de protéines doit « aller exclusivement vers les éleveurs et non venir alimenter un peu plus la manne des mieux lotis ».
La Confédération paysanne plaide également pour que la majoration des 52 premiers hectares soit « immédiate et non progressive pour avoir un effet réel », tout en regrettant qu’elle ne porte que sur 20% de l’enveloppe du premier pilier et non 30%, comme Stéphane Le Foll en avait obtenu la possibilité à Bruxelles.
 
Verdir la PAC avec le second pilier
Alors que la réforme « a raté le virage du verdissement au niveau européen », regrette Laurent Reversat, éleveur d’ovins dans l’Aveyron, le second pilier peut encore permettre de rendre la réforme plus écologique, grâce aux mesures agroenvironnementales (MAE), qui doivent permettre de « réorienter les exploitations, en élevage comme en grande culture ». Mais il craint que les prétentions du président de la République de doubler l’indemnité compensatoire d’handicaps naturels (ICHN), de doter de 200 millions d’euros le plan de modernisation des bâtiments ou d’intégrer dans le second pilier la gestion des risques ne laissent que peu d’argent pour les MAE et l’aide aux surface bio.
« Il serait temps de réaliser que ce type de soutien peut encourager des paysans pris au piège de l’agriculture industrielle à faire évoluer leur système de production », argumente Laurent Pinatel, tout en refusant que le second pilier serve à autre chose : « Financer des assurances et agrandir des porcheries, ce n’est pas du développement rural ».
« Pour l’instant, on ne peut pas évaluer ce que cette réforme va réellement changer pour le quotidien des éleveurs, on comptera les points à la fin », conclut Laurent Pinatel.

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