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Redistribution La Confédération paysanne veut favoriser l’emploi

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En demandant d’aider les petites exploitations par tous les moyens possibles et de lier les aides au nombre d’agriculteurs, la Confédération paysanne cherche à maintenir des paysans sur tout le territoire.

Si la Confédération paysanne déplore la « renationalisation de la Pac », elle va quand même faire des propositions au ministre, car « selon les scénarios, l’impact varie du tout au tout », explique Laurent Pinatel, porte-parole du syndicat.
Sauver l’élevage. Depuis un an, c’est le leitmotiv du syndicat. Pour ça, la Pac permet un recouplage des aides pour les productions fragilisées, que la Confédération paysanne veut au maximum autorisé, soit 15%. Comme mesure phare, elle propose une prime au troupeau de ruminants, à l’image de la prime au maintient du troupeau de vaches allaitantes en cours mais élargie (vaches laitières, ovins, caprins). Cette prime devrait être dégressive et plafonnée selon le nombre d’animaux et de paysans sur la ferme. Et les 2% de couplage réservés aux protéines doivent « servir en priorité à l’autonomie des élevages, en privilégiant l’autoconsommation », explique Laurent Pinatel.
Plus original, la Confédération paysanne demande une aide aux fruits et légumes dans le premier pilier, de 2000 euros par agriculteur sur les cinq premiers hectares. « Ces secteurs sont oubliés, c’est un gros manque », note Laurent Pinatel.
 
Redistribution maximum
La Confédération paysanne soutient le caractère redistributif de cette Pac. Dans ce sens, elle demande une convergence totale et rapide des aides, qui n’utilise pas la possibilité de limiter les pertes à 30% des versements antérieurs. Pour privilégier l’emploi, elle demande une dégressivité des aides à partir de 25 000 euros par actif avec un plafond de 45 000 euros. Elle soutient fermement la majoration sur les 52 premiers hectares, forfaitaire et identique à tous les hectares, portant sur 65% du paiement moyen national.
Dans le même esprit, « il faut une aide spécifique aux petites fermes qui serait une sorte de prime à l’emploi », explique Laurent Pinatel, qui réclame également une aide spécifique aux jeunes agriculteurs et aux zones défavorisées, dans le 1er comme dans le 2nd pilier, ainsi qu’un soutien aux espaces à faible productivité avec l’attribution de paiements aux parcours herbagers.
 
Optimiser le second pilier
Pour que l’objectif du verdissement soit efficace, la Confédération paysanne prescrit que 30% des aides soient conditionnés aux « paiements verts », soit le taux maximum, là encore distribués sur une base forfaitaire et non liées aux références historiques. L’agriculture biologique doit être la seule certification exempte de ces mesures, alors que les surfaces d’intérêt écologique doivent représenter 7%, et ne pas inclure les cultures avec pesticides.
Pour permettre la mise en place de mesures agro-environnementales, soutenir des productions locales ou les circuits courts, la Confédération paysanne demande un transfert de 15% des aides du premier vers le second pilier consacré au développement rural, et l’impossibilité de transferts dans l’autre sens.
Enfin, le syndicat appelle à supprimer la gestion des risques du 2nd pilier. « Il n’est pas normal que l’argent public serve pour financer une assurance revenu privée : les producteurs de fruits n’ont pas de revenus, par exemple, ça ne leur servirait à rien », développe Laurent Pinatel, pour qui la gestion des risques doit être une mesure de l’organisation commune de marché et faire appel à une gestion collective.

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