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Confiserie/Conjoncture La confiserie italienne résiste mieux à la crise que les pâtes

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En pleine crise économique italienne, les plaisirs sucrés agissent comme un anti dépresseur : les consommateurs italiens consomment moins de spaghettis et de pain mais plus de confitures et de chocolat. Une étude IRI vient de le démontrer (source Il Sole 24 ORE). Selon l’institut d’études, les ventes de produits de boulangerie- confiserie en Italie atteignent plus de 7 milliards d'euros (fin Avril 2013). Environ 2,2 milliards proviennent des pâtes et du pain. Au cours des quatre premiers mois de l'année, les ventes de pâte ont glissé de 3,2% (-2,8% en volume), les gâteaux desserts de 3% (-1,6% en volume), les produits de boulangerie de 0,3% (-1,6% en volume), mais les pâtes à tartiner sucrées (chocolat et confiture) progressent de + 4,8% (+1% en volume). « Le thème du prix reste central, observe Camilla Silva, directeur du service à la clientèle Iri, avec un impact négatif pour les petits déjeuners ».

Les exportations en progression

Contrairement à cette tendance, les exportations de pâtes ont augmenté de 12% à 352 millions d'euros et celles de confiserie boulangerie de 11% à 492 millions d'euros. Cet écart entre marché domestique et international ne peut s'expliquer que par l'effondrement du pouvoir d'achat des familles italiennes et le changement dans les habitudes alimentaires. Barilla reste stable, Pavesi en légère augmentation et Divella en léger recul. Les marques nationales sont, cependant, incapables de freiner les marques de distributeurs qui atteignent 18% du marché. La croissance des exportations a permis d'atténuer l’impact de la crise, mais les entrepreneurs italiens savent qu’ils doivent accélérer leur développement à l’étranger. Les exportations de pâtes représentent actuellement 55% du secteur et celles de confiserie 22% contre une moyenne de 20% pour l'industrie alimentaire italienne dans son ensemble.
Malgré tout, l'industrie italienne de la boulangerie-confiserie doit faire beaucoup plus. Certaines sociétés sont en tête dans ce processus d'internationalisation. Par exemple, le groupe Ferrero International réalise un chiffre d'affaires d'environ 7,8 milliards d'euros, dont 2,55 milliards pour la filiale italienne (qui exporte pour 749 millions d'euros de sa production). Son chiffre d'affaires consolidé est très proche des 8,3 milliards d’euros de la division confiserie du géant mondial Nestlé. La multinationale a misé sur le pot de Nutella avec plus de 400 millions d’investissement et de nouvelles usines de production en Turquie et au Mexique. Barilla est également très engagé à l'international avec 4 milliards de chiffre d'affaires, dont plus de 55% proviennent de l'étranger. Après la vente de sa filiale allemande Lieken, son chiffre d’affaires sera ramené à environ 3,2 milliards mais son administrateur délégué, Claudio Colzani veut doubler ce cap d'ici 8 ans, grâce à des acquisitions. Il semble cibler au départ le Brésil. En outre, Barilla va se diversifier aux USA dans la restauration grâce à un premier accord avec McDonald’s. La société De Cecco préfère s’orienter vers la Russie avec des implantations à Smolensk, Moscou et Saint Petersbourg. Quant à Rana, l’exportation fait 40% de son activité et grâce à l’aide d’UniCredit et de SanPaolo, il va ouvrir une usine de pâtes fraiches à Chicago.

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