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Grenelle de l’environnement La Conf’joue la carte de l’agronomie, la CR table sur les besoins alimentaires

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Les organisateurs du Grenelle de l’environnement avaient demandé une liste de propositions concise à chaque participant. La Confédération paysanne et la Coordination rurale ont respecté la consigne. En termes de propositions, la première appelle à un retour de l’agronomie dans les pratiques agricoles, l’autre met l’accent sur la nécessaire satisfaction des besoins alimentaires.

Des principes et quelques grands objectifs. Ainsi peut-on résumer la contribution des deux syndicats agricoles.

Dans un bref exposé des motifs, la Confédération paysanne explique que « l’agriculture durable ne se réduit pas à une utilisation raisonnable des pesticides les plus impactants à celle des engrais chimiques ou de l’eau. La durabilité est une démarche globale qui se développe autour de l’emploi paysan, de la notion d’autonomie, de la qualité des produits agricoles résultant de processus de production et d’utilisation de variétés ou d’espèces tant végétales qu’animales adaptées aux territoires. Elle s’intègre et dynamise les territoires où elle est ancrée ». Pour le syndicat paysan, « le respect de la nature ne se résume pas à la plantation de 100 mètres de haies ou de bandes enherbées, mais résulte d’une conduite des fermes basée sur l’agronomie. Depuis l’arrivée massive des intrants chimiques en agriculture, trop de paysans accompagnés par des techniciens ont pensé s’affranchir de la réalité des sols ou du climat. Aujourd’hui, plus personne ne croit que ce soit possible et il faut réapprendre les fondamentaux d’une agriculture liée au sol ».

Quatre mesures sont proposées par la Confédération paysanne :

– Développer la production/transformation/commercialisation au niveau local et interrégional. Une mesure qui devra s’appuyer sur les collectivités territoriales et les chambres consulaires, et passera par la création d’un agrément spécifique.

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– Remettre l’agronomie au cœur des formations et des pratiques agricole (programmes, référentiels, développement des pratiques d’agriculture paysanne et durable).

– Développer significativement l’agriculture de qualité et notamment l’agriculture biologique (réorientation de la PAC, droit à la souveraineté alimentaire…).

– Interdire les OGM, jugés « inutiles pour l’agriculture et contraires à l’intérêt économique des filières de productions françaises ».

La colère de François Lucas

La Coordination rurale, elle, ne veut pas rentrer dans le détail de mesures tant que la méthode de fonctionnement du groupe de travail « agricole » n’est pas arrêtée. « Il serait catastrophique de sortir du chapeau 2 ou 3 mesures sans qu’un préalable n’ait été satisfait : élaborer une véritable Politique agricole commune ayant totalement intégré la politique environnementale et libérée des exigences contradictoires d’une compétition mondiale orchestrée par l’OMC » estime François Lucas, le président de la CR. Se déclarant « en colère contre le pseudo débat démocratique actuel », François Lucas redoute que les propositions qui pourraient être retenues in fine par Nicolas Sarkozy « ne soient celles écrites par le ministère de l’Ecologie ». « Il ne peut être demandé aux agriculteurs de scinder leur activité en un temps agricole et un autre temps écologique. Celle-ci est un tout indissociable (…). Les agriculteurs sont des acteurs responsables et raisonnables de l’écologie au quotidien » ajoute le syndicat dans sa contribution écrite. La CR appelle à trouver des modes de production agricole « plus durables » de façon à « satisfaire les besoins des populations ». (…) « A ce titre, les besoins premiers et vitaux des populations sont alimentaires. La dépendance alimentaire de l’UE vis-à-vis de l’extérieur, en particulier pour son approvisonnement en protéines végétales, est une réalité qui contredit l’idée couramment admise d’une production agricole européenne qui serait globalement excédentaire ».La CR souhaite également que le groupe de travail débatte du foncier agricole et sylvicole, et que l’objectivité scientifique soit de mise sur les dossiers « eau », « phytosanitaires », « biodiversité », « OGM », « bioénergies » et « gaz à effet de serre ».