Changement de décor. Entre décembre 2008 et 2007, les prix des céréales françaises ont littéralement fondu : - 49 % en blé et en maïs, - 55 % en orge de mouture et en tournesol, - 61 % en orge de brasserie. Dans l’ensemble, les prix se rapprochent de leur niveau de 2005/2006.
Le rapport sur le compte prévisionnel de l’agriculture en 2008 chiffre la baisse moyenne des cours sur l’année à 21,8 %. Une chute dans laquelle les marchés financiers ont leur responsabilité, estime la commission à l’origine du rapport, mais qui est surtout due à la hausse de la production. Celle-ci a grimpé de 17,9 % par rapport à 2007, en raison de la hausse des surfaces liée à la suppression de la jachère et de l’augmentation des rendements. Bilan, la valeur de la production de céréales hors subventions sur les produits a perdu 7,6 % en 2008.
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Les oléagineux ne sont pas mieux lotis. Les volumes n’ont augmenté que de 1,4 % entre 2007 et 2008, mais les prix ont baissé de 10,7 %. Sur l’année, le cours du colza a enregistré une baisse de 10 % et celui du tournesol de 30 %. Dans son ensemble, la valeur de la production oléagineuse hors subventions s’est dépréciée de 9,4 %. La chute est encore plus dure pour les protéagineux, un secteur qui a perdu 19 % de sa valeur en un an en raison d’une baisse des prix et des volumes de 10 %. La betterave à sucre n’a pas davantage échappé à ce régime sec, la valeur de la production s’étant réduite de 13,6 %. Mais cette chute est due à la baisse des volumes de 10 % liée à la réforme de l’OCM sucre, plus qu’à la diminution des prix de 4 %.
Ce retournement de la conjoncture sur le front des cultures s’accompagne d’une flambée du prix des intrants. La commission des comptes de l’agriculture estime qu’ « en 2008, la valeur des consommations intermédiaires de la branche agriculture est en hausse sensible (+11,6 %) pour la deuxième année consécutive ». Les prix ont augmenté de 8,7 % tandis que les volumes ne progressaient que de 2,6 %. Ce sont les engrais et les amendements qui ont connu la plus forte hausse en valeur, avec + 36 %, du fait d’une envolée des prix de 26 %. De quoi inquiéter des agriculteurs qui ne s’étaient pas attendus à un changement aussi brutal.