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Conserve de poissons/Conjoncture La conserverie française de poissons inquiète pour son avenir

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« Si nous ne parvenons pas à faire accepter une juste rémunération de nos produits prenant en compte la hausse réelle des coûts de production et leur qualité, notre industrie et toute la filière française sera menacée », met en garde Adolfo Valsecchi, président de la Fiac (Fédération des industries d'aliments conservés). Une situation d’autant plus paradoxale, estiment les industriels de la conserverie, que ces aliments sont plébiscités par les Français

« Les conserves de poissons avec un prix de 8,30 €/kg représentent une des protéines animales les moins chères du marché, mais ces prix très abordables cachent une réelle tension sur les prix pour les producteurs », souligne Pierre Commère, secrétaire général à l'Adepale (association des entreprises de produits alimentaires élaborés) et délégué général de l'industrie du poisson. En moins de deux ans, les prix d’achat des poissons ont augmenté dans des proportions allant de 41% pour le thon albacore (pour les conserves à l’huile), à 74% pour le thon listao (conserves à la tomate ou autres), 37% pour le maquereau et 35% pour les sardines. Cette situation est due à la raréfaction des captures et une demande mondiale de plus en plus forte. « Dans le même temps, les prix de vente n’ont progressé que de 2,5% », regrette Adolfo Valsecchi. « C’est une préoccupation majeure, car nous n’arrivons pas à valoriser nos produits auprès de la grande distribution en France, comme nous pouvons le faire dans les pays voisins ». Tous les produis alternatifs, comme les pâtes, ont augmenté davantage que les conserves. Pour les négociations entamées cette année qui doivent aboutir en avril, « nous arrivons à un niveau où ne pouvons plus assumer seuls et une revalorisation de 7 % à 10 % du prix de vente au consommateur redonnerait de la marge aux entreprises que la concurrence des importations d'Asie et d'Amérique Centrale met en danger ».

Des emplois sont en jeu

« Nous avons déjà perdu autour de 50 % des préparations de produits pour les marques distributeurs », confie Armand Baudry, directeur général de Saupiquet. Cela se fait au profit des productions dans les pays étrangers qui ne respectent pas les mêmes règles de qualité et de préservation des ressources halieutiques que les Français, déplore la Fiac. La profession redoute que cette concurrence n’ait de graves conséquences sur le tissu industriel national. Si la France comptait plus de 230 conserveries vers 1960, il n'y en a plus que 16 actuellement (principalement en Bretagne, mais une seule sur le pourtour méditerranéen) qui emploient 2 500 collaborateurs directs. Les conséquences sur l’emploi, non seulement dans les usines mais dans toute la filière ne seront pas neutres, souligne la Fiac.

Un produit plébiscité

La situation est d’autant plus étonnante que les ventes de conserves de poissons en France progressent. Sur 5 ans, de 2007 à 2011, les Français ont consommé leurs achats de conserve de 5%. La consommation globale, tous produits confondus, est passée sur cette période de 205 400 à 216 500 tonnes. La France fabrique plus de 345 millions de boîtes. Plus de 9 ménages sur 10 en ont acheté pour leur consommation et ce plus d’une dizaine de fois dans l’année. Les consommateurs apprécient en outre son goût, avec une note de 7 sur 10, sa qualité (6,9/10) et le rapport qualité/prix (6,7/10).

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