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La consommation de charcuterie à nouveau en hausse en 2015

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La consommation de charcuterie de la part des Français se redresse, portée par le succès de l’apéro à la française dans les bistrots, mais les professionnels s’inquiètent d’une baisse d’appétit des ménages liée aux préoccupations pour une bonne nutrition.

« Ce qui nous sauve, c’est la consommation hors domicile. Nous tirons profit de la mode de l’apéritif à la française, des planches de charcuterie proposées au bistrot », a déclaré Robert Volut, président de la Fict (industriels), le 21 juin en conférence de presse. Les Français ont de nouveau mangé plus de charcuterie en 2015 (+1,8 % en volume), la consommation affichant un bond de 9,5 % hors domicile qui compense une baisse à domicile (-0,5 %), selon les chiffres de la fédération. « La consommation à domicile est en retrait pour la première fois depuis dix ans », affectée par des « questionnements » sur le plan nutrition, naturalité, des campagnes anti-viande, selon Robert Volut. Elle représente 836 000 t. Son évolution apparaît très loin de la moyenne des dix dernières années, note la Fict, qui rappelle que la consommation des ménages était en hausse de 0,4 % en 2014 et de 1,3 % en 2013. La restauration hors domicile totalise elle 289 000 t.

Avec les campagnes anti-viande ou encore le rapport du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) dévoilé en octobre 2015 sur les risques de cancer que représente la viande transformée, « l’atmosphère n’est pas positive », considère Robert Volut. Mais la problématique de la nutrition reste une tendance de fond. « On nous questionne toujours sur les teneurs en sel, en gras, mais aussi sur la naturalité des produits et les additifs », précise-t-il.

Difficultés d’approvisionnement

Pour le président de la Fict, il est évident que l’industrie « ne s’en sortira que par la qualité » et il énumère les initiatives prises par les entreprises : moins d’antibiotiques, plus de bio. « Les produits bio sont en croissance, même si on a un problème d’approvisionnement considérable : la demande représente 60 000 t face à une production française de 10 000 t de porc bio », d’après lui. Quant à l’étiquetage de l’origine de la viande, la Fict réaffirme sa position « contre une obligation franco-française ». Explication : les industriels « manquent toujours de petits jambons, coches, boyaux, parfois de poitrines » sur le marché national.

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L’industrie « ne s’en sortira que par la qualité », estime Robert Volut (Fict)

Les entreprises de charcuteries-salaisons françaises réalisent 95 % de leurs ventes en France, et seulement 5 % à l’export. « L’ouverture de nouveaux marchés à l’international reste primordiale », bien que compliquée par « la concurrence européenne et des règlements protectionnistes hors de l’Union européenne », souligne la Fict. Les exportations françaises ont progressé de 4,3 % en valeur « grâce au dynamisme des charcuteries à base de volaille, de bœuf et autres espèces », d’après la fédération. Mais si elles sont en hausse vers les pays hors Union européenne, elles sont en baisse vers l’Europe.

« Un des principaux pays ciblés est la Chine où les charcuteries françaises ont fait leur entrée en mars 2014 avec quatre entreprises ayant obtenu l’agrément officiel pour exporter. Deux autres entreprises, auditées par les autorités chinoises à la fin de l’année 2015, sont en cours d’agrément », selon la Fict.

La production nationale de charcuteries-salaisons s’est élevée l’an passé à 1 Mt (+0,8 %) pour un chiffre d’affaires de 5,8 Mrd d’euros (+0,5 %).