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Eaux embouteillées La consommation d’eau en bouteille ne cesse de diminuer

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Le marché de l’eau en bouteille est en décroissance de près de 10% depuis 2003 en volume et en valeur et cette tendance devrait s’accentuer en 2008-2009. D’après Alcimed, la concurrence de l’eau du robinet et la mauvaise image environnementale dont elle souffre seraient les principales raisons de ce repli. Pour y remédier, la société de conseil rappelle que les principales marques ont d’ores et déjà mis en œuvre des solutions en matière de transport, de recyclage et de conservation des ressources.

L’eau en bouteille est à la dérive. Tel est le constat de la société de conseil Alcimed qui vient de présenter une brève étude sur ce marché. En France, le volume d’eau en bouteille vendu représentait en 2007 un peu plus de 8 milliards de litres, ce qui place la France au 8e rang loin derrière les Etats-Unis, le Mexique et la Chine, et en troisième position européenne derrière l’Italie et l’Allemagne. Le chiffre d’affaires s’élevait à 2,6 milliards d’euros en 2007 et le marché restait dominé par trois principaux acteurs : Nestlé Waters, Neptune-Castel et Danone Eaux France avec respectivement 21 %, 21 % et 20 % du marché en volume et 32 %, 12 % et 29 % en valeur en 2007. Depuis 2003 le marché de l’eau en bouteille connaît une décroissance de 10 % en moyenne par an et cette tendance devrait se confirmer pour l’année 2008.

Pourquoi l’eau en bouteille est-elle en repli ?

D’après la société de conseil Alcimed, cette tendance au repli vient de la combinaison de deux facteurs. D’une part, les distributeurs de l’eau du robinet se livrent à une véritable compétition sur la qualité et le prix des eaux. D’autre part, les consommateurs s’éloignent de l’eau en bouteille à cause de leurs préoccupations environnementales. L’écart se creuse entre la consommation d’eau du robinet et celle d’eau plate en bouteille et 75% des Français se déclarent satisfaits de la qualité de l’eau du robinet. Cet attrait s’est renforcé avec l’arrivée de filtres à eaux permettant d’éliminer le goût de chlore et de calcaire. De plus, les campagnes publicitaires du Sedif (Syndicat des eaux d’Ile de France) ont valorisé l’eau du robinet avec des slogans comme « quelle marque distribue 1 milliard de litre d’eau chaque jour et pas une seule bouteille ? », ou encore « quelle marque livre à domicile 365 jours par an, une eau d’excellente qualité ? ». Pour Thomas Paschal, responsable de la Business Unit Agroalimentaire d’Alcimed, « l’eau du robinet a marqué des points ». Sur la question environnementale, une enquête TNS Sofres a montré que les critiques contre l’eau en bouteille concernaient les quantités d’énergie dépensées pour la fabrication et le transport. D’après les chiffres publiées par Alcimed sur la base d’une étude du Pacific Institute, la production de bouteilles d’eau a nécessité 17 millions de barils de pétrole et a émis plus de 2,5 millions de tonnes de CO 2 aux Etats-Unis. Face aux tendances de la consommation, les industriels veulent mettre en place des solutions de développement durable.

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Soigner son image environnementale

Comment influer sur le comportement des consommateurs ? A cette question, les industriels répondent par une logique de recyclage, de conservation des ressources et d’amélioration des impacts carbone du transport. Ils ont tout mis en œuvre pour alléger le poids des bouteilles en utilisant des matériaux recyclables. Ainsi, chez Evian et Volvic de Danone Eaux France, le poids des bouteilles a diminué de 20% en dix ans. De même, 100 % des bouteilles d’eaux en plastique sont aujourd’hui recyclables et 50% seraient recyclées en France, d’après Alcimed. Enfin, l’ensemble des bouteilles plastiques ne représenterait plus que 0,8 % du poids des déchets ménagers. Les industriels veulent également insister sur le fait que la quantité d’eau prélevée à la source est toujours inférieure à ce que la nature renouvelle tandis que des actions sont mises en œuvre pour protéger les gisements. Reste les solutions entreprises pour réduire l’impact environnemental des modes de transport. Sur ce point, des marques comme Evian, Vittel, Contrex et Volvic possèdent déjà des gares ferroviaires au sein de leurs usines afin de limiter le transport en camion. 55% des flux d’eau en bouteille sont ainsi transportés via des modes plus propres tels que le ferroviaire ou le fluvial. Selon Valentin Fournel, consultant chez Alcimed dans l’agroalimentaire, « on s’attend encore à une intensification de ces efforts dans les années à venir afin de redorer l’image de l’eau en bouteille ».