La consommation de viande bovine poursuit son repli au deuxième trimestre, tant à l’échelle européenne que française. Le conseil spécialisé «bovin» organisé le 10 juin à l’Office des viandes (Ofival) confirme le phénomène déjà constaté en 2003. Les prix sont, quant à eux, à la hausse.
Le phénomène n’est pas propre au bœuf, mais cela ne suffira sans doute pas à réconforter les éleveurs : en recul au premier trimestre (-2,5%), la consommation de viande bovine (1,682 million de tonnes-équivalent-carcasses) devrait poursuivre son repli au deuxième trimestre à l’échelle européenne (-4,3%), selon la dernière note de conjoncture de l’Office des viandes et de l’élevage (Ofival). La France n’échappe pas au phénomène : pour les cinq premiers mois de l’année, les achats des ménages en viande de gros bovins recule de près de 2% par rapport à 2003 (panel Secodip), avec même un recul de 3,4% pour la période allant de la mi-avril à la mi-mai. Par rapport aux mêmes périodes de 2000, avant la crise de la vache folle, il subsisterait un déficit d’environ 7%, selon l’Ofival. La hausse des prix de détail n’arrange pas les choses : d’après les calculs de l’Insee, les prix ont augmenté en moyenne de 3,6% sur les 4 premiers mois de l’année, par rapport à la même période de 2003. Une hausse proche de celle du prix de la volaille (+4%), mais très supérieure à celle du porc frais (+0,7%). Cette envolée des prix est confirmée par le panel Secodip, dont les calculs mettent en évidence une progression des prix d’achats des ménages de plus de 6%, tant en viande de boeuf que pour tous les produits de boucherie réunis.
Hausse des prix à la production et au détail
La hausse vaut également en France pour les prix à la production des gros bovins : +5% dans l’hexagone depuis le début de l’année, mais en baisse de 4,7% par rapport à 1999. Si les cours des femelles et des boeufs connaissent une forte reprise, ceux des jeunes bovins enregistrent une baisse. Selon l’Ofival, ces tendances devraient se poursuivre dans les prochaines semaines, ce qui pourrait permettre au prix des femelles de bonne qualité de se rapprocher des niveaux de 1999. Tout laisse à penser que les abattages de femelles continueront à régresser, alors que la production de jeunes bovins devrait rester à un niveau faible. Concernant les broutards, le prix moyen reste en Europe sur une tendance à la hausse liée à la diminution de l’offre d’animaux et à la progression des prix des animaux finis. En France, cette hausse avoisine les 0,7%
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De manière générale, les achats à l’étranger (UE et pays tiers) pourraient se développer pour combler la tendance baissière de la production bovine française : les achats de viandes, de conserves et d’animaux vivants ont augmenté de près de 22% au premier trimestre 2004, et la nette tendance devrait se poursuivre au second trimestre (+13,3%).