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Coopératives laitières « La contractualisation devient un outil indispensable »

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La Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL) a exposé ses orientations en matière de régulation des marchés au cours de son assemblée générale, à Paris, le 23 avril 2009. Défendant le maintien de l’activité sur l’ensemble du territoire national, les laiteries coopératives mettent en avant la « contractualisation qui est un outil pertinent car elle tient compte de la notion de volume et de prix différenciés ». C’est dans le cadre de l’interprofession que cette forme de régulation doit se développer », a expliqué Gérard Budin, le président de la FNCL.

«Il faut tenter de ramener un minimum de régulation dans la filière laitière », a déclaré Frédéric Chausson, directeur du développement coopératif à Sodiaal union, lors de l’assemblée générale de la FNCL, le 23 avril. « Il n’est pas possible de vivre avec cette volatilité des prix sur les marchés laitiers », a-t-il ajouté. C’est dans ce contexte que la FNCL met en avant la contractualisation qui « devient un outil indispensable », selon Gérard Budin, le président du syndicat. La FNCL a imaginé un « système de volumes et de prix différenciés ».

« A la main du producteur »

Un volume représentant un pourcentage du quota historique du producteur (à définir) serait payé à un prix « relativement stable », explique Frédéric Chausson.

Ce prix serait le résultat d’un calcul intégrant un « mix d’indicateurs » inspiré de l’accord sur le prix du lait de 1997. Un autre volume dit « optionnel », « à la main du producteur », serait connecté au marché des produits industriels beurre poudre avec un prix « réactif ». Si ce système de différenciation n’est pas mis en place, le prix de lait moyen oscillera entre 200 euros/1000 litres et 400 euros/1000 litres, explique Frédéric Chausson.

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Cette contractualisation donnera donc « l’opportunité aux producteurs qui le souhaitent de produire en marginal une quantité de lait supplémentaire qui, même si elle leur est remunérée à un prix correspondant aux cours mondiaux, leur permettra de financer une partie de leurs frais fixes et par conséquent d’améliorer la marge de leur exploitation laitière », souligne Gérard Budin. Cette contractualisation ne peut se faire que dans l’interprofession. Il faut assurer un encadrement national qui responsabilise les éleveurs et préserve leurs intérêts, précise la FNCL. Le cadre interprofessionnel est « garant du sérieux et de la transparence de l’application de la contractualisation ». Ce système n’est pas une idée neuve. C’est ce qu’a rappelé Jean Le Vourch, ancien président de la FNCL.

« Le lait est blanc partout ! »

« Il faut faire attention, a prévenu Jean Le Vourch, on n’échappe pas à un marché, même mauvais ». Il ne faudrait pas donner à ce lait « optionnel » des responsabilités qu’il ne peut pas tenir, a-t-il analysé. En résumé, Jean Le Vourch a indiqué lors de l’assemblée générale de la FNCL « ne pas croire au cloisonnement du lait. Le lait est blanc partout ! ». Henri Brichart, le président de la FNPL, le syndicat des producteurs, s’inquiète quant à lui de la possible désincarnation du prix « stable » de la réalité des marchés. « Avant, le prix du lait payé aux producteurs était la résultante des marchés, le nouveau prix tel qu’imaginé par la FNCL ne serait qu’un élément directeur de la politique des entreprises », a-t-il déclaré. Pour le président de la FNCL, ce système de volume et de prix différenciés sera « complexe à mettre en œuvre, et il pose de multiples questions ». Néanmoins, « il paraît incontournable ». Il souhaite que l’interprofession en discute et qu’elle se mette d’accord. « Nous ferons ainsi le choix du développement et de la valeur ajoutée pour nos producteurs et nos entreprises », a-t-il conclu.