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Bovins viande La contractualisation, un dossier majeur pour la filière viande

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« Il est urgent de mettre un bon de commande devant chaque éleveur », a déclaré Philippe Mangin, président de Coop de France, lors de l’assemblée annuelle qui se tenait à Paris le 28 et le 29 novembre. Fin novembre, Interbev (interprofession bovine) a mis en place un projet de contrats entre éleveur, premier acheteur et abatteur.

La question de la contractualisation est au cœur des préoccupations de la filière. « Il est urgent de mettre un bon de commande devant chaque éleveur », a déclaré Philippe Mangin, président de Coop de France lors de l’assemblée annuelle qui s’est tenue à Paris le 28 et le 29 novembre. La loi de modernisation de l’agriculture prévoit, dans son article 12, la mise en place d’un dispositif de contractualisation au sein des filières de production. Dans ce contexte, Interbev (interprofession bovine) a initié un projet de contrats fin novembre (producteur/premier acheteur et premier acheteur/abatteur). L’objectif de la démarche est d’ « accroître la compétitivité de la filière française et à en améliorer l’efficience économique par la professionnalisation des relations entre les différents acteurs qui la composent ».

Fixation d’un volume minimum d’approvisionnement

Le projet de contrat mis en place par l’interprofession bovine concerne les jeunes bovins destinés à l’abattage. Les producteurs concernés doivent produire un minimum de 20 jeunes bovins par an. Concernant le contrat entre producteur et premier acheteur, un seuil minimum d’approvisionnement auprès du producteur est défini à 30% pour l’année 2012. Pour les contrats entre premier acheteur et abatteur, le seuil d’approvisionnement de l’abatteur auprès du premier acheteur est de 20% minimum. Ces seuils augmentent progressivement jusqu’en 2014. Par ailleurs, la durée des contrats doit être d’au moins 12 mois renouvelables.

Indexation du prix basé sur le coût de revient et sur la cotation JB

« Il faudrait fixer une indexation sur un corridor de prix, plutôt que sur un prix », avait indiqué Alain Basquin, directeur d’Elivia, du Groupe Terrena, le 28 novembre au congrès de Coop de France. Dans le projet de contrat proposé par Interbev, il est précisé que les parties contractantes doivent s’accorder sur un mode de fixation du prix à la signature du contrat et sur les modalités de l’actualisation des prix en cours de contrat. Pour la fixation du prix, elles doivent s’appuyer sur au moins deux indicateurs : un indicateur coût de revient et un indicateur cotation du jeune bovin. Concernant les modalités de la révision du prix, elles doivent s’appuyer sur des indices de coût de production (main d’œuvre dans les abattoirs, gazole professionnel…) et/ou de cotations des animaux sur le marché.

La contractualisation doit concerner toute la filière

Pour que la stratégie soit complète, il faudra aussi qu’il y ait une entente en amont. Selon Coop de France Pôle Animal, cela permettra « de créer une visibilité à terme pour les éleveurs ». Le Snia (Syndicat national des industriels de la nutrition animale) souligne que « la contractualisation doit se raisonner en filière ». Concernant la contractualisation entre éleveurs et fabricants d’aliments, des dispositifs sont déjà avancés dans la filière avicole et porcine. C’est dans la filière bovin viande que le potentiel de développement des contrats restent le plus significatif.

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