Abonné

Coopérative canadienne La Coop Fédérée veut redresser sa filière porcine

- - 4 min

De l'autre côté de l'Atlantique, au Québec, la Coop Fédérée travaille sur la compétitivité et l'automatisation de sa filière porcine. Afin de financer ses développements, elle a cette année opéré une levée de fonds aux modalités adaptées à son statut coopératif.

Leader du porc au Canada, la Coop Fédérée fait de l'amélioration de la compétitivité de cette filière une de ses priorités. « L'année 2014 devrait être bonne malgré l'embargo russe mais l'année 2013 a été mauvaise, avec des pertes, et les années précédentes très moyennes », indiquait Denis Richard, président de la coopérative québécoise, en marge du Sommet international des coopératives, qui se tenait à Québec du 6 au 9 octobre.

Gestion sanitaire et automatisation

Pour rester dans la compétition internationale – plus de 50 % de la production sont destinés à l'export – la Coop fédérée entend mieux gérer la résistance aux maladies, en éloignant les maternités des zones d'élevage (mais en les gardant proches du maïs) et automatiser davantage ses activités d'abattage et de transformation. « Par rapport aux Etats-Unis, qui sont présents sur le marché canadien, nous sommes en retard sur l'automatisation », souligne Jean-François Harel, secrétaire général. A l'export, les principaux marchés de la Coop Fédérée pour le porc sont le Japon, la Russie (quand elle est accessible), l'Asie et les Etats-Unis. Autre axe de développement stratégique pour la Coop fédérée, l'intégration du réseau de magasins de bricolage BMR à son réseau existant, Unimap.

Une levée de fonds adaptée au modèle coopératif

Pour financer ces développements, la Coop Fédérée a fait appel, pour la première fois depuis le début des années quatre-vingt-dix, à des investisseurs extérieurs. Elle a ainsi levé près de 250 millions de dollars canadiens auprès de trois fonds (Capital régional cooperatif Desjardins, Fonds de solidarité des travailleurs du Québec et Fondactions). « Ils n'entrent pas au capital d'une filiale (1), mais nous leur garantissons un rendement fixe qui augmente au bout de sept ans. Ce système leur offre une réassurance sur le retour de leur investissement », explique Jean-François Harel.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

levée de fonds
Suivi
Suivre

Une année 2013 plombée par la filière porcine

En 2013, la Coop Fédérée a dégagé 5,2 milliards de dollars canadiens de chiffre d'affaires (4,9 en 2013). Son excédent avant ristournes et impôts a largement baissé, à 23,7 millions de dollars contre 96,5 millions l'année précédente, du fait notamment des pertes de la filière porcine. Aucune ristourne n'a été versée (contre 32 millions en 2012). La première activité de la Coop Fédérée est la production de viande (2,4 milliards de dollars de chiffre d'affaires, dont 1,5 milliard pour la filière porcine), suivie par la filière végétale (semences, approvisionnements, commercialisation et grains) et la distribution (bricolage et énergie). La coopérative compte 90 000 coopérateurs, dont 20 000 producteurs agricoles. Olymel, filiale de transformation de viandes, abat 1,74 million de volailles et 120 000 porcs par semaine et compte 32 sites.

(1) Certaines filiales ont par ailleurs des investisseurs extérieurs.

Qui peut profiter de l'accord de libre-échange Canada-UE ?

En France comme au Canada, le traité de libre échange suscite avant tout des craintes. « Le secteur laitier compte beaucoup de petits producteurs de fromages qui sont inquiets », souligne Daniel Yeon, vice-président opérations de l'Institut canadien des politiques agricoles et agroalimentaires. Au rang des secteurs en position de force, la filière bovine. « Le secteur, assez, concentré, est en mesure de fournir des volumes, notamment les acteurs de l'Ouest canadien. » Quant à la filière porcine, pour Daniel Yeon, les opportunités concernent davantage les acteurs de taille moyenne que les leaders du secteur. « Les grands acteurs sont sur des marchés de volumes et vont s'intéresser avant tout à l'Asie. Des acteurs de plus petite taille peuvent plus facilement segmenter leur production pour satisfaire aux normes européennes », estime Daniel Yeon.