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Sol et Civilisation La coopération agricole, catalyseur de l’innovation

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De nombreux retours d’expérience ont animé les assises du groupe de recherche Sol et Civilisation le 3 octobre, sur le thème « Faire ensemble, un levier pour l’innovation ». Les exemples viennent de structures traditionnelles de coopération agricole et de nouvelles formes impliquant divers types d’acteurs.

Les dynamiques collectives sont source de progrès. Plusieurs exemples ont été donnés aux assises du groupe de recherche Sol et Civilisation, le 3 octobre à Paris. « Faire ensemble, un levier pour l’innovation », tel en était le thème, décliné autour de retours d’expérience, à la fois en structures traditionnelles de coopération agricole et au sein de nouvelles formes impliquant divers types d’acteurs. Illustration avec les Sentinelles de la terre chez Terrena. Une centaine d’agriculteurs en font partie, avec pour mission d’être les fers de lance de l’« agriculture écologiquement intensive » menée par le groupe coopératif. « On a innové avec le goutte-à-goutte, que la recherche jugeait hors de prix en grandes cultures, a indiqué le président Hubert Garaud. Une fois utilisé par les agriculteurs, des bénéfices apparaissent. C’est 30 % d’économie en eau, avec le même rendement. »
 
Echanger des idées
La démarche de certification Iso peut ressembler à un parcours du combattant pour un agriculteur seul. D’après Marie Delefortrie, présidente de Terr’avenir Picardie, mieux vaut l’entreprendre en association. « Trois ans nous ont été nécessaires pour décrocher l’Iso 14001, a-t-elle signalé. De quoi déprimer, pour un agriculteur seul. » Mais, à la clé, d’importantes économies en intrants ont été réalisées. L’association s’est aussi lancée dans la démarche RSE (Responsabilité sociétale des entreprises). « Cela permet d’échanger des idées avec d’autres, a-t-elle mis en avant. La RSE nous a rapproché des agriculteurs bio, pour apprendre leur technique de travail du sol. » Autre intérêt, le travail mené avec l’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail) pour rendre plus confortable le tri des pommes de terre. « Jamais cette agence n’avait imaginé travailler avec des agriculteurs », a-t-elle plaisanté.
 
Créer de nouveaux partenariats
Handicapé par des terres pauvres en matière organique, l’Alsacien Philippe Meinrad a monté un site de compostage via une SARL avec un autre agriculteur. Il a aussi participé à la création de l’Association des agriculteurs composteurs de France. « Ce qui nous réunit : l’envie d’innover, l’innovation pour créer de nouveaux partenariats sur le territoire », a-t-il expliqué. Avec trois agriculteurs associés, une usine de méthanisation a ainsi vu le jour. 30 000 t/an de déchets organiques sont collectés pour une valorisation en biogaz, dont les deux tiers issus de l’industrie agroalimentaire, la grande distribution, McDonald’s, des cantines scolaires.
L’association d’acteurs aux problématiques différentes a aussi permis la construction en 2008 d’un bâtiment d’engraissement de jeunes bovins en Lorraine. « Pour les coopératives d’élevage, l’objectif était de professionnaliser l’activité, pour leurs consoeurs céréalières, c’était de disposer des références afin de valoriser les coproduits de biocarburants, a raconté Nathalie Bigonneau, d’Arvalis. Le bâtiment de 170 places se veut le plus innovant. » Sa construction a été menée avec l’appui des collectivités territoriales, en veillant aux économies d’énergie, au confort de travail, à la sécurité.

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