Le Rémunérascore ne semble pas faire l’unanimité. La Coopération agricole assure qu’il sera discriminant pour les coopératives car il ne pourra pas prendre en compte les spécificités de leur modèle de gouvernance.
« Supprimer le Rémunérascore. » C’est l’une des propositions inscrites dans un document de travail interne à la Coopération agricole rendu public le 8 septembre par la FNPL (producteurs laitiers, FNSEA). La fédération des coopératives a consigné dans ce document une série de projets d’amendements à la proposition de loi visant à protéger la rémunération des agriculteurs (dite Egalim 2), en vue de l’examen du texte en première lecture au Sénat le 15 septembre. Elle y explique notamment qu’un tel dispositif serait « discriminant pour les coopératives ».
« Le Rémunérascore peut paraître une bonne idée », convient Dominique Chargé, président de la Coopération agricole interrogé par Agra Presse. « Mais il pose des problèmes dans son application et cela pourrait se retourner contre les agriculteurs français », explique-t-il.
Pas de prise en compte des ristournes
L’organisation estime qu’un Rémunérascore ne pourra pas prendre en compte les spécificités du modèle coopératif à savoir les compléments de prix en fin de campagne et autres ristournes en fonction des bénéfices de la coopérative. Seul le prix d’acompte payé au moment de livraison voire « au mieux les compléments de prix s’ils sont versés rapidement » pourront être intégrés dans le calcul de ce nouveau score, affirme la Coopération agricole. « La valorisation de nos produits et leur prix, c’est la somme des différents marchés. Le Rémunérascore ne pourra pas le prendre en compte », estime également Dominique Chargé.
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En réaction, la FNPL dénonce sur twitter « la coopération agricole à la manœuvre pour détricoter la loi votée à l’unanimité par l’Assemblée ». « Nous ne sommes pas contre les objectifs de la loi, bien au contraire nous sommes en faveur de tout ce qui peut apporter une meilleure rémunération des agriculteurs et des adhérents coopérateurs », affirme le président de la Coopération agricole assurant travailler à l’amélioration de la proposition de loi avec de nombreux acteurs de la filière alimentaire dont la FNSEA.
Sous l’impulsion de la députée LREM Célia de Lavergne, la proposition de loi Egalim 2 prévoit, à date, la mise en place d’une expérimentation pour une durée de cinq ans d’un « affichage destiné à apporter au consommateur une information relative aux conditions de rémunération des producteurs de produits agricoles ». Il devra « faire ressortir, de façon facilement compréhensible pour les consommateurs, l’impact en termes de rémunération des producteurs des prix auxquels sont achetés leurs produits ».