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Peco La coopération avec la France se précise

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Une rencontre été organisée le 3 février à Paris par la FNSEA entre des représentants des Peco et des acteurs du monde agricole et rural français pour rechercher les coopérations possibles. Des axes se précisent avec la France dans le domaine du foncier, des oléo-protéagineux, de l’animation du monde rural, de la structuration des organisations professionnelles françaises.

À l’invitation de la FNSEA et de l’Afja (Association française des journalistes agricoles), des acteurs du monde agricole et rural français (associations spécialisées, ministères, coopératives, organisations professionnelles agricoles, presse agricole) sont venus rencontrer des représentants de l’agriculture de Pologne, Hongrie, Roumanie et Bulgarie. Ces derniers n’ont pas caché les difficultés qui les attendent, notamment une disparition prévue de dix millions de familles d’agriculteurs d’ici 2020, comme l’a signalé Avram Fitiu, secrétaire général de la Fédération roumaine d’agriculture écologique, et d’inévitables confrontations dès l’entrée dans les réalités économiques de l’UE auront lieu, comme l’a rappelé Alain Pouliquen, chercheur à l’Inra, spécialiste des Peco et auteur d’un rapport en 2002 dont s’est inspiré la Commission européenne.

Nombreuses possibilités en Roumanie

Cette rencontre était conçue pour voir quelles coopérations sont possibles entre la France et les Peco. Mais d’ores et déjà des axes de coopération avec la France apparaissent . La Hongrie a un projet de convention avec les Safer dans le domaine du foncier, la question foncière étant un problème « récurrent » dans les anciens pays du bloc de l’Est, a signalé Maryline Laplace, spécialiste de la coopération internationale au ministère de l’Agriculture. « Nous avons une forte demande d’expertise en matière foncière, de remembrement, d’installation, de pré-retraites agricoles. Nous souhaitons embrayer maintenant sur des actions concrètes ».

Si l’on est proche de la signature d’un protocole sur le foncier avec la Hongrie, des contacts et des affinités sont nombreux avec la Roumanie, bien que celle-ci ne s’adresse pas qu’à la France. Avram Fitiu a cité des axes de coopération entre la Roumanie et le ministère de l’Agriculture de Belgique et un syndicat d’agriculture biologique autrichien. « Nous aménageons des structures d’accompagnement pour les exploitants et entreprises qui veulent s’installer». Ces services d’accompagnement concernent par exemple la comptabilité pour les exploitants qui s’installent en Roumanie et pour le remplacement de chefs de fermes.

Du bio en Roumanie

La Roumanie cherche à développer l’agriculture biologique. « Pourquoi le bio? Parce que nous ne cherchons pas à courir après les performances de l’agriculture comme celle qui existe dans les pays d’Europe de l’Ouest. Nous utilisons 25 unités de NPK (fertilisants) à l’hectare, il nous faudrait 20 ans pour rattraper l’agriculture européenne. L’approche qualitative est plus appropriée».

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La Mutualité sociale agricole travaille depuis environ dix ans dans les pays de l’Est. Elle a constitué une caisse de pré-retraite en Pologne. Une cinquantaine de jumelages entre des caisses françaises de pré-retraite et des caisses dans les Peco ont déjà été effectués, a indiqué Catherine Martel, de la MSA. La MSA participe à des programmes dans le domaine de la santé en Russie et en République tchèque. Mais « notre spécialité est le développement de services dans les villages roumains, notamment dans le sud du pays», a souligné Mme Martel.

La Roumanie a encore été citée, à propos de l’enseignement et de la formation. Aussi bien les établissements privés que publics coopèrent avec les Peco, soit en envoyant des élèves dans ces pays, soit en offrant un réseau d’accueil pour des stagiaires, et, là encore, « nous sommes très optimistes concernant nos échanges avec la Roumanie», a indiqué Pierre Autissier, du bureau de la coopération internationale au ministère de l’Agriculture.

La France a réussi quelques percées en matière de coopération, comme par exemple la constitution d’une filière de biodiesel en Pologne, à partir de colza. « Nous avons inspiré la loi polonaise sur les bio-carburants, qui j’espère, s’appliquera bientôt. Nous entamons un partenariat industriel en Silésie dans le domaine du biodiesel », a témoigné Émile Choné, responsable d’Agropol, structure de coopération de Proléa (oléo-protéagineux). Pour la Roumanie, « nous en sommes au stade de détection des partenaires qui s’intéresseront à cette filière», a ajouté M. Choné.

Mais l’Allemagne est présente de manière écrasante dans le domaine du machinisme, a estimé une représentante du syndicat des fabricants de matériel agricole français. La FNSEA, autour de Jean-Paul Bastian, responsable des questions internationales à la centrale syndicale, compte redonner du souffle à la coopération entre la France et les Peco.