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Bois La coopération veut renforcer sa position entre sylviculteurs et transformateurs

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L’aide aux investissements forestiers est menacée d’une réduction de 10%, a appris avec étonnement l’Union de la coopération forestière française mercredi 15 septembre à l’occasion de son assemblée générale. Mais l’UCFF, qui a élu un nouveau président, Cyril le Picard, souhaite continuer à se renforcer pour massifier l’offre et mieux répondre aux attentes des transformateurs.

Les coopératives forestières (UCFF) qui tenaient leur assemblée générale le 15 septembre à Paris ont appris avec étonnement dans la presse que le gouvernement prévoyait de raboter de 10% la réduction d’impôt accordée aux investissements forestiers, dans le cadre de la politique de réduction budgétaire actuelle. Pascal Viné, directeur de cabinet de Bruno le Maire, a lui-même indiqué ne pas avoir été mis au courant des intentions de Bercy sur ce dossier. Un nouveau point noir qui vient alourdir le constat déjà amer des coopératives : « Les mesures en cours d’application concernent la demande : augmentation du bois dans la construction, isolation extérieure, fonds chaleur, tarif de rachat de l’électricité de la biomasse (…). Toutes ces mesures en faveur de l’accroissement de la demande risquent de ne profiter qu’à des bois d’importation », a estimé Marie de l’Estoile qui vient de quitter la présidence de l’UCFF après 16 ans à la tête de l’organisation. « Vous demandez un nouveau Fonds forestier national (NDLR : FFN qui a permis de restructurer la forêt française après guerre et a pris fin en 2000), aujourd’hui nous n’avons pas le budget et nous avons fait le choix de soutenir la demande », a expliqué Pascal Viné, directeur de cabinet de Bruno le Maire.

S’adapter à la demande

« Nous, coopérateurs, nous avons aussi des efforts à faire pour mettre sur le marché des produits qui correspondent bien à la demande de nos clients », a admis le nouveau président de l’UCFF – élu le matin même –, Cyril le Picard. C’est exactement ce que demandent les transformateurs. Pierre Piveteau, représentant de la Fédération nationale du bois (industriels) a rappelé que la forêt devait « produire ce que le marché demande ». Selon lui, c’est le problème de la production française. Pendant la crise de 2008-2009, les ventes de bois en France ont chuté de 17%, alors que les importations ne se sont repliées que de 4%. « Si les bois allemands notamment marchent mieux, c’est qu’ils répondent à la demande, estime-t-il. Vous, les coopératives, êtes le lien entre sylviculteurs et transformateurs, vous devez convaincre les propriétaires de mieux répondre à cette demande ». Cette place d’intermédiaire entre production et transformation, Cyril le Picard veut la renforcer pendant son mandat.

Organiser l’offre

Mais pour y parvenir, les coopératives forestières auraient voulu que la Loi de modernisation de l’agriculture propose des mesures incitatives au regroupement de l’offre. « La LMA ne prévoit rien sur la massification de l’offre, nous nous sommes battus pour rien. Rien non plus sur le problème de chute drastique des investissements forestiers », regrette Marie de l’Estoile. Et son successeur aurait même souhaité qu’un seul opérateur par massif (les coopératives) soit habilité à mobiliser le bois plutôt que d’autoriser des gestionnaires privés qui risquent d’accentuer l’atomisation de la production. Mais le ministère de l’Agriculture ne partage pas cette vision. « Le marché doit être ouvert à tout le monde, la forêt n’est pas un terrain de chasse gardée », a répondu Pascal Viné.
Par contre, pour soutenir les producteurs, le ministère de l’Agriculture travaille actuellement à la mise en place d’un système de rémunération des sylviculteurs pour le stockage du carbone. « Nous allons entamer des discussions avec le ministère du Développement durable, mais rien n’est encore fait », a précisé Pascal Viné. Reste pour la filière à réussir à créer une interprofession pour mieux se structurer. C’est un des principaux défis que s’est fixé Cyril le Picard.

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