Le n°1 français du porc, qui commercialise des porcs non castrés depuis 2013, observe de loin les débats sur l’arrêt de la castration. Le groupe, qui produit près de 90 % des mâles entiers de France, a affiné ses techniques avec le temps.
Pour les quelque 3 000 éleveurs de la Cooperl, « l’arrêt de la castration est tellement entré dans les habitudes que ce n’est presque plus un sujet », affirme Thierry du Teilleul, directeur marketing du groupe. Les animaux non castrés représentent 85 % des porcs mâles produits par le groupe de Lamballe. D’après M. du Teilleul, les éleveurs conventionnels de la Cooperl sont « presque à 100 % de mâles entiers », la castration restant obligatoire en Label rouge et possible en bio. « Environ la moitié de nos éleveurs bio ont arrêté de castrer avec de très bons résultats », précise-t-il, pointant un « frein majeur » dans cette filière : « Le coût de l’élevage étant supérieur en bio, tout déclassement a un coût plus élevé qu’en conventionnel. » En Label rouge, la castration est rendue obligatoire par le cahier des charges. « Notre but, c’est bien sûr de viser les 100 % d’animaux non castrés, insiste Thierry du Teilleul. Des évolutions du Label rouge sont en cours pour une ouverture aux animaux non castrés et nous y sommes favorables. »
« Préalable indispensable » au sans antibiotique
En matière d’arrêt de la castration, la Cooperl jouit d’une longueur d’avance incontestable : elle produit presque neuf mâles entiers sur dix en France. Une réflexion que le n°1 français du porc a initiée en 2004, « dans le cadre d’une collaboration avec des distributeurs anglo-saxons », raconte Thierry du Teilleul. Outre-Manche, aucun porc n’est castré, car les animaux sont consommés plus jeunes, avant la puberté. Cette réflexion sur la castration « s’inscrit dans une démarche globale d’amélioration du bien-être animal », ajoute M. du Teilleul (caméras dans les abattoirs, essais sur l’arrêt de la coupe des queues, travail sur les cases de maternité liberté, etc.). « Les animaux non castrés sont plus résistants, l’arrêt de la castration est un préalable indispensable pour élever des porcs sans antibiotique sur toute leur durée de vie. »
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Après des premiers essais dès 2008, la Cooperl a démarré la commercialisation de mâles entiers en 2013. Un recul qui lui a permis d’affiner ses pratiques. « Nos équipes techniques et de R & D ont réussi à diminuer le taux global de viandes odorantes à environ 1 %, contre 2 % en moyenne auparavant, en travaillant par exemple sur la génétique et l’alimentation des animaux », avance ainsi son responsable marketing. Idem pour la détection des carcasses odorantes, réalisée par des opérateurs spécialisés. « Il est faux de dire que le nez humain est faillible, tout dépend de comment il est utilisé, martèle Thierry du Teilleul. Chez nous, les salariés restent postés par séquences de 20 minutes maximum pour maintenir la précision de détection à son maximum. » Dernier argument massue : « Nos clients distributeurs et nous-mêmes n’avons observé aucune recrudescence de plaintes de consommateurs. »