Face à la FNSEA, la Coordination rurale compte se positionner. Elle a affirmé haut et fort vouloir prendre sa place dans les instances agricoles. La dérégulation des marchés représente des problèmes à venir, selon le syndicat.
« Nous voulons revenir à un niveau de démocratie en agriculture et arrêter la cogestion entre la FNSEA et le ministère de l'Agriculture », a affirmé Bernard Lannes, le président de la Coordination rurale lors des vœux à la presse du syndicat le 7 janvier.
Première demande : la Coordination rurale veut rentrer au Haut comité de la coopération agricole (HCCA) « seul outil qui garantit l'éthique », insiste Bernard Lannes qui reproche l'externalisation des plus-values des coopératives via des filiales qui ne redistribuent pas aux adhérents. « Nous avons perdu tout principe coopératif. Il faut en finir avec le duo Beulin-Mangin », insiste-t-il. Le HCCA est administré par 12 membres dont 5 nommés par le ministre, la CR voudrait être l'un d'eux.
Le deuxième syndicat représentatif des agriculteurs veut trouver sa place légitime en intégrant notamment « toutes les interprofessions ». Action rendue possible par la nouvelle loi d'avenir. La Coordination rurale est déjà entrée en 2014 à Interbev (viandes) et Interfel (fruits et légumes frais), elle a réaffirmé vouloir siéger au CNIEL (lait) et à Inaporc.
Les élections à la MSA, qui se déroulent du 12 au 27 janvier, sont aussi source de problèmes pour les représentants du syndicat qui ont l'impression de faire partie d'un « système social avec une pensée unique. » Ils aimeraient également que les jeunes agriculteurs de la CR soient mieux représentés, notamment au sein des comités régionaux. « On va veiller au pluralisme des syndicats pour les points info-installation », ajoute le représentant de la branche « jeune », Joris Miachon.
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Les paysans-gladiateurs
Sur le dossier environnement, la CR se montre incisive et demande une « remise à plat » de la directives nitrates. « Pour des blés de qualité, il faut encore des nitrates », soutient Bernard Lannes. Pendant « la phase de transition » de la Pac, en 2015, il demande également au ministère de l'Agriculture d'effectuer « des contrôles éducatifs » et non des « sanctions ». « Comment voulez-vous que l'agriculteur prenne des mesures de verdissement alors que celles-ci font encore la navette entre le ministère et Bruxelles ? », interroge-t-il. « Personne ne sait où sont les bons interlocuteurs pour le verdissement à cause de la régionalisation qui est en train de se mettre en place », ajoute François Lucas, le vice-président.
Le traité transatlantique semble tout autant défavorable aux agriculteurs de la CR. « Les paysans sont transformés en gladiateurs, on leur dit d'être meilleur que les autres en tuant leurs voisins. Nous ne voulons pas être régis par des accords internationaux », fulmine François Lucas. Grâce à des outils pour réguler la production, le syndicat veut permettre aux agriculteurs de « tirer un revenu de leur travail, avoir des perspectives d'avenir à plus long terme et pouvoir investir sur leurs exploitations ». « La dérégulation est un danger évident pour l'agriculture », conclut Bernard Lannes.