La couverture numérique du territoire est un enjeu majeur pour les zones rurales. La secrétaire d’État chargée du numérique Axelle Lemaire, consciente de l’urgence, faisait le point le 24 mai sur les avancées en la matière et prenait des engagements concrets : il n’y aura plus aucune commune en zone blanche à la fin de l’année 2016 et dans un an, 3 000 communes encore en zone grise seront couvertes par la 3G.
« Il est essentiel que les territoires en France soient couverts », c’est une question d’égalité, mais aussi « parce que le numérique est une chance pour les zones rurales », rappelait Axelle Lemaire en introduction de son audition devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale le 24 mai. La secrétaire d’État chargée du numérique venait faire le point sur l’avancée du programme de couverture numérique du territoire. « Une dynamique nationale a été créée. C’est inédit », se réjouissait-elle, rappelant que la couverture du territoire en téléphonie fixe a pris vingt à vingt-cinq ans tandis que le plan « France très haut débit », lancé en 2012, commence déjà à porter ses fruits.
La fin des zones blanches
En matière de couverture en réseau mobile, le gouvernement a travaillé dans l’urgence, expliquait la secrétaire d’État. « Il a fallu colmater les brèches » en s’occupant d’abord des zones blanches, c’est-à-dire les communes qui n’étaient couvertes par aucun opérateur. 160 communes avaient été recensées à l’automne dernier, puis 268 à l’occasion de la deuxième campagne de recensement finalisée en mars. Une troisième campagne de recensement sera lancée cet été, a affirmé Axelle Lemaire. Les communes encore situées en zone blanche pourront ainsi se faire connaître afin que des mesures soient mises en œuvre dès le mois d’octobre. Le programme, « financé à 100 % par l’État » conduira à ce « qu’il n’y ait plus, à la fin 2016 en France, une seule commune en zone blanche » a assuré la secrétaire d’État.
Pour les zones mal couvertes, ou en « zone grise », 800 sites de développement économique prioritaires ou sites touristiques ont été définis. Les quatre opérateurs de téléphonie mobile se sont engagés à les couvrir.
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Investissement public et mutualisation des coûts
Le programme doit aller plus loin encore, a expliqué Axelle Lemaire. Les Commissions régionales d’aménagement numérique du territoire – composées de l’État, des collectivités territoriales, de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) et des opérateurs de téléphonie – vont recenser 500 sites supplémentaires en zone grise à couvrir. Ainsi, à la mi-2017, 3 000 communes seront couvertes au minimum en 3G, a annoncé Axelle Lemaire. La couverture de ces nouveaux sites se fera à perte, financée par l’État et les collectivités territoriales, a indiqué la secrétaire d’État, car dans les zones rurales, de nouveaux pylônes sont nécessaires. Le coût de construction s’élève à 100 000 € par pylône et le coût de maintenance par pylône à 25 000 € par an, selon Axelle Lemaire. Cependant, l’Arcep veillera à ce que les coûts soient mutualisés, afin que les ménages et entreprises situés en zone rurale bénéficient de tarifs identiques à ceux installés en ville.
Le programme, « financé à 100 % par l’État » conduira à ce « qu’il n’y ait plus, à la fin 2016 en France, une seule commune en zone blanche »