Abonné

Produits laitiers La CPE favorable au maintien du régime des quotas

- - 3 min

A contre-courant de la plupart des discours sur l’avenir de la politique laitière européenne, la Coordination paysanne européenne (CPE) est montée au créneau le 5 février à Bruxelles pour demander le maintien des quotas laitiers au-delà de 2015. La veille, dans un discours prononcé à Rome, Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’agriculture, a mis en avant la nécessité de mettre les producteurs européens en position d’accroître la collecte dès la prochaine campagne.

Seule une maîtrise de la collecte est à même de garantir « des prix justes, stables et une production laitière durable » : tel est l’appel lancé le 5 février à Bruxelles par la CPE qui regroupe une vingtaine d’organisations paysannes en Europe ainsi que la COAG, syndicat espagnol. Ces organisations soulignent que « l’augmentation récente du prix du lait (provisoire si l’UE décidait d’augmenter les quotas), après tant d’années de baisse, et les tensions actuelles sur le marché sont une raison de plus pour réguler le marché et non pour le laisser errer vers de moins en moins d’exploitations toujours plus grandes et intensives ». L’instabilité croissante des marchés agricoles et la volatilité croissante des prix sont incompatibles avec le maintien d’exploitations laitières durables à taille humaine dans toutes les régions d’Europe à vocation laitière, ont affirmé la CPE et la COAG dans un communiqué.

Enfin, ces deux organisations mettent en avant l’incohérence à vouloir s’engager vers une augmentation de la production qui est déjà excédentaire par rapport à la consommation. Selon elles, l’exportation ne doit pas être l’objectif prioritaire.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Mme Fischer Boel justifie une hausse de 2 % des livraisons en 2008

De son côté, dans un discours prononcé le 4 février à Rome, Mariann Fischer Boel a une nouvelle justifié l’importance de desserrer dès 2008 les quotas afin de préparer le secteur laitier aux changements à venir. « Les marchés internationaux veulent plus de produits laitiers et si nous ne nous préparons pas à faire face à cette demande, l’Océanie le fera à notre place », a-t-elle expliqué. « Bien sûr, nous avons procédé aux évaluations nécessaires avant de proposer une augmentation de 2 % », a affirmé la commissaire. Selon elle, « si nous ne profitons pas de cette opportunité, nous le regretterons ultérieurement ».

Selon les derniers travaux du Comité spécial agricole (CSA), il se confirme que ce projet d’augmentation de 2 % des quotas est soutenu par 21 Etats membres, qui forment une majorité qualifiée au sein du Conseil des ministres de l’UE. Les pays opposés à cette mesure ou qui doutent de l’utilité d’une augmentation dès cette année sont la France, l’Allemagne, l’Autriche, la Finlande, Malte et le Portugal.