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La CR dit « oui » à la coopération, mais pas n’importe comment

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Pour entamer la nouvelle année, la Coordination rurale a développé sa position sur la coopération agricole, en lien avec le bilan des États généraux de l’alimentation, le 10 janvier.

Lors des vœux à la presse, le 10 janvier, Bernard Lannes, président de la Coordination rurale, est revenu sur la coopération, notamment à la suite des difficultés financières chez Euralis. À ce sujet, il s’est empressé de lire un extrait de la charte d’engagements « pour une relance de la création de valeur et pour son équitable répartition au sein des filières agroalimentaires françaises » : « Nous, acteurs de la coopération agricole, nous nous engageons à garantir une rémunération équitable et transparente des agriculteurs coopérateurs ». Et de s’interroger : « Pourquoi avait-il besoin de l’écrire puisqu’il s’agit des fondamentaux de la coopération ? ! ». Le syndicat a donc réaffirmé sa volonté d’un audit de la coopération. « Les coopératives se défont de ce qu’ils font en France pour le faire ailleurs », lance-t-il en citant le cas du foie gras polonais à bas prix, arrivé sur le marché français et dont la production est financée par une coopérative française. La CR dénonce donc une délocalisation des productions françaises, financée par la coopération et au détriment des producteurs. Véronique Le Floc’h, secrétaire générale, évoque de son côté des « filiales privées qui versent des dividendes à la maison mère, mais pas aux producteurs ! ».

Coopération, installation et foncier

Au nom du pluralisme syndical, le syndicat continue de demander son entrée au Haut conseil de la coopération agricole (HCCA). « On voit le train passer si l’on n’est pas au HCCA », souligne Véronique Le Floc’h, évoquant des « fusions-acquisitions » de coopératives. Le syndicat dénonce également les activités de la coopération dans l’accès au foncier et cela d’autant plus que « la terre reste un placement ». Elles peuvent se permettre « d’écraser certaines marges » et de proposer « des transactions indécentes » aux agriculteurs proches de la retraite. « La vague des agriculteurs de 50-60 ans pose beaucoup de questions à tout le monde car on sait très bien que, tel que les dés sont jetés, ce ne sont pas les agriculteurs qui vont exploiter leurs terres demain », relève Bernard Lannes.

Le syndicat fait donc également du foncier l’un de ses chevaux de bataille, notamment avec la prochaine loi. « Nous ne sommes pas opposés à du financement mais tant que l’agriculteur reste chez lui », propriétaire de ses terres, affirme le président de la CR. Il s’agit aussi de « mettre plus de transparence dans les Safer qui restent des outils à moderniser », selon lui. Et de revenir sur l’installation des jeunes avec « une vraie politique pour que les cédants aillent vers les jeunes et que l’on évite que ces terres passent aux mains de multinationales ou de financiers ».

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« Des filiales privées qui versent des dividendes à la maison mère, mais pas aux producteurs ! »

La CR se basera sur « un projet de société » pour les élections chambre 2019

Dans ses vœux à la presse, le 10 janvier, la Coordination rurale (CR) a annoncé qu’elle se basera sur « un projet de société » lors des prochaines élections dans les chambres d’agriculture. Elle ne l’a pas encore détaillé. « Nous allons tranquillement aux élections avec un projet et ce projet se construit maintenant », a déclaré Bernard Lannes, président du syndicat. Par rapport à la FNSEA, « nous, on s’arrête à la ferme, eux ont un pied dans l’agroalimentaire » observait-il. « Demain, voter pour la FNSEA, c’est cautionner la continuité du système actuel », relevait Véronique Le Floc’h, secrétaire générale de la CR. Bernard Lannes constatait également que « par rapport aux dernières élections, les céréaliers n’avaient pas été touchés par la crise. Aujourd’hui, ils se posent des questions ».