La poursuite de la crise porcine rend fous de rage les Jeunes agriculteurs qui reprochent aux coopératives leur incapacité à valoriser le porc français. Celles-ci préfèrent rejeter la faute sur le gouvernement et les promesses non tenues d’Hervé Gaymard concernant l’allègement des charges des éleveurs en difficulté. Dans ce contexte, la question du financement du service public d’équarrissage a de quoi échauffer les esprits. Les abatteurs refusent d’être seuls à payer pour ce service alors que la grande majorité des déchets viennent des exploitations. Les éleveurs, eux, se retranchent derrières les promesses du ministre. Reste la solution d’une CVO spécifique.
La promesse annoncée d’une hausse des cours du porc ne suffit plus à calmer les esprits. Éleveurs, coopératives et industriels montent au créneau conjointement pour des motifs variés mais qui ont tous pour toile de fond la poursuite de la crise. Ce sont les Jeunes agriculteurs qui sont les plus virulents. Le 13 mai, à la veille de l’assemblée générale de la Confédération des coopératives de l’Ouest de la France, les Jeunes agriculteurs des Pays de Loire se disent “abasourdis par le comportement des coopératives”. Alors qu’elle “commercialisent 70% des porcs français”, elle se montrent “incapables de les valoriser”. D’après les JA, “il est urgent que Coop de France soit efficace”. “Nous sommes une génération sacrifiée” se désespèrent-ils, menaçant de conduire des actions fortes “dans les jours qui viennent”.
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Le ministre accusé de privilégier les effets d’annonce aux actes
Leurs aînés de la FNP sont plus modérés à l’égard de la coopération. Et pour cause. Ils rédigent avec la Fédération nationale de la coopération bétail et viandes un communiqué commun dénonçant l’“abandon des éleveurs par les pouvoirs publics”. Ils reprochent au ministre d’avoir “privilégié les effets d’annonce aux actes” en référence aux promesse d’accompagnement social des éleveurs en grande difficulté et d’aide à l’allègement des charges des éleveurs. “Ce sont au contraire de nouvelles charges qui sont imposées à la filière pour financer le service public de l’équarrissage”, s’alarment la FNP et la FNCBV, réclamant “un dispositif de cotisation interprofessionnelle (CVO équarrissage) permettant une juste répartition des charges”. Une charge qui repose pour l’instant essentiellement sur les abattoirs qui sont “ les seuls redevables légaux d’une taxe d’abattage particulièrement lourde” d’après le Syndicat national du commerce du porc (SNCP). Présentée comme “la plus chère d’Europe”, cette taxe se monte à 12,70 euros la tonne sur les volumes abattus et 278 euros la tonne sur les déchets destinés au service public d’équarrissage (SPE). Rappelant que le coût du SPE pour la filière porcine“s’élève à 35 millions d’euros dont 31,5 millions pour la collecte et la destruction des cadavres en ferme et seulement 3,5 millions pour les déchets d’abattoir”, les abattoirs “n’entendent pas supporter seuls le coût des cadavres en ferme”. Quant aux éleveurs, ils rappellent les déclarations du ministre qui avait promis selon eux que “les éleveurs ne supporteront pas les coûts de l’équarrissage".