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Céréales et oléagineux La crise économique pénalise le fret maritime

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La crise économique a directement pénalisé le fret maritime compte tenu de la réduction des échanges mondiaux. Le secteur, qui retrouve un peu de souffle depuis avril du fait du retour aux achats de la Chine, est en pleine restructuration.

«Le paysage industriel va changer », a affirmé Jan Dieleman, responsable du secteur Panamax chez Cargill international, à l’occasion de la conférence internationale du CIC (Conseil international des céréales) organisée à Londres le 9 juin. Les cours du fret maritime se remettent peu à peu de la chute sans précédent qu’ils ont connue cet automne. Du fait de la crise économique et de la réduction drastique des échanges internationaux, le coût d’affrètement d’un capesize, navire de gros tonnage, était descendu à 2 000 dollars par jour contre plus de 200 000 dollars en mai 2008. Or, en avril, sous l’effet du retour aux achats de la Chine, ce coût est remonté à plus de 50 000 dollars. Sauf que dans l’intervalle, certains opérateurs n’ont pas résisté et ont fait faillite, leurs clients, particulièrement dans le secteur des minerais, n’ayant pas pu les payer. « Nous constatons de nombreux litiges… le droit maritime a le vent en poupe », a remarqué Jan Dieleman.

La Chine veut devenir numéro un de la construction navale

Alors que les carnets de commande étaient pleins, la flambée du fret entamée en 2007 ayant favorisé les investissements, la récession a incité un certain nombre d’acheteur, à revenir sur leur décision. « L’industrie parle de 30 % d’annulation », a signalé le spécialiste. Les complications que rencontre le secteur ont également eu pour effet de freiner l’ardeur des banques, qui veulent aujourd’hui réduire leur exposition au risque. Bilan : « Des professionnels qui ont commandé des navires se retrouvent dans l’impossibilité de les payer », a rapporté Jan Dieleman. Dans ce contexte difficile, « la Chine affiche l’ambition de devenir numéro un mondial de la construction navale », a-t-il précisé. Affaire à suivre.

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Une chose est sûre, ces violentes secousses poussent le secteur à se restructurer. Des outils de gestion des risques, quasi-ignorés jusque-là, sont en train de se développer. Les contrats « plus proches des contraintes des années vingt que de celles d’aujourd’hui », selon Jan Dieleman, vont se moderniser. Mais c’est sûr, « la volatilité va persister », a insisté le professionnel.