Abonné

La crise laitière et ses mots-clés

- - 3 min

Contractualisation : le mot « miracle » qui devrait permettre à la filière laitière de gérer les volumes et les prix. Pour l’heure, il n’y a pas de réelle définition ni de schéma précis. C’est un concept encore flou. Un espoir : que l’État valide un contrat type et se pose en arbitre entre les producteurs et les laiteries. Une crainte : une contractualisation sur le modèle de l’intégration telle que cela se pratique dans les filières porcs ou volailles.

Quotas : le mot « tabou ». Leur défense est abandonnée par le ministre Bruno Le Maire qui en fait un combat d’arrière-garde tout en se positionnant pour un système de régulation au niveau européen. Certains y croient encore comme le député socialiste Stéphane Le Foll qui dit que le combat n’est pas perdu. Pourtant on voit mal comment cette décision européenne de mettre fin aux quotas en 2015 serait remise en cause. La Commission garde son cap.

Régulation : le mot « le plus usité » depuis que la filière est en crise. Les syndicats, mais aussi les politiques évoquent cette nécessaire régulation à longueur de discours sans qu’on sache réellement quelle nouvelle forme elle pourrait prendre. En attendant, les mesures de régulation prises par la Commission européenne (subventions à l’export et intervention, stockage privé) semblent « désuètes » et sans grand effet sur un marché saturé.

Organisation : le mot « modèle » de la filière laitière pendant les 10 années avant l’interdiction faite à l’interprofession d’émettre une recommandation nationale du prix du lait. Depuis la fin des accords sur le prix du lait c’est l’anarchie dans la filière où la FNPL, branche laitière de la FNSEA, représentante unique des producteurs du lait à l’interprofession est fortement contestée par les syndicats minoritaires. L’interprofession, dans son modèle actuel, doit trouver un nouveau souffle.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

contractualisation
Suivi
Suivre

Grève : le mot « ultime » de certains syndicalistes comme la Coordination rurale adhérente à l’EMB qui y voit le moyen de pression permettant de faire plier les industriels. Pure démagogie répond la FNSEA qui, dans le cadre de l’interprofession, négocie justement avec les industriels laitiers. La Confédération paysanne n’est pas convaincue. « Les vrais perdants ce seront les producteurs » glissent certains syndicalistes. Par contre il y unanimité pour dire que ce type de grève doit être européen.

Prix : le mot « central » par lequel la crise est arrivée. Un prix pour leur livraison de lait que les producteurs ne connaissent pas  à l’avance, depuis l’interdiction des accords interprofessionnels. Un prix inférieur aux coûts de production condamnent les syndicalistes. Une situation que les industriels eux-mêmes n’accepteraient pour leurs propres produits. Des industriels qui privilégient une stratégie à très court terme pour tenter d’imposer le prix le plus bas possible.

Restructuration : le mot « récurrent » dans la filière. L’Onilait en son temps avait inventé le concept de « producteurs d’avenir » incitant financièrement les autres à stopper leur activité. Aujourd’hui, l’Italie ne dit pas autre chose, demandant que les budgets affectés à la régulation soient plutôt employés à aider des agriculteurs à abandonner leur activité. Quant à la restructuration industrielle en France, tous les acteurs de la filière l’appellent de leurs vœux depuis longtemps. Elle tarde à se faire.